Belgique Si on ne peut pas (encore ?) parler d’enterrement du projet de loi autorisant la police à pénétrer dans le domicile des migrants en séjour illégal, ainsi que chez leurs hébergeurs, moyennant l’autorisation préalable d’un juge d’instruction, c’est un fameux coup d’arrêt. Mercredi matin, la réunion de la commission de l’Intérieur de la Chambre, qui devait poursuivre ses travaux, a été annulée. En cause: les tiraillements au sein du MR sur ce texte battu en brèche par les juges d’instruction, les avocats, le monde associatif, les experts académiques... Bref, par à peu près tous les acteurs invités à exprimer leur avis devant la commission.

Dans les couloirs du Parlement, deux députés du MR, Françoise Schepmans et Richard Miller, ont publiquement exprimé leur malaise face à ce texte, plaidant pour qu’il soit amendé. La veille, la présidente MR du Sénat, Christine Defraigne, réclamait déjà de revoir le projet de loi.

Savoir où on va...

Dans la soirée, depuis Moscou, le Premier ministre, Charles Michel (MR) laissait entendre qu’il entamerait, dès son retour  des consultations discrètes. Pas pour remettre en cause les objectifs du projet de loi qui provoque une levée de boucliers, mais “pour lever des malentendus et être à l’écoute des observations”, en particulier des juges d’instruction.

“Au sein de la majorité règne le sentiment que nous devons d’abord accorder nos violons”, indiquait mercredi matin le président de la commission de l’Intérieur. Brecht Vermeulen (N-VA) a pris cette décision après concertation avec les cabinets du ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V) et du secrétaire d’Etat à l’Asile, Theo Francken (N-VA). La commission attendra le résultat des consultations discrètes de M. Michel avant de reprendre ses travaux. “Avant d’entamer la discussion générale, nous devons savoir où nous allons”, a résumé M. Vermeulen à l’agence Belga.

Aménagements techniques

Du côté de l’opposition francophone, on pousse l’avantage. Ecolo-Groen, le CDH et le PS ont réclamé en choeur le retrait de ce projet de loi, "qui n’est pas amendable". Il n’y a donc pas besoin de “consultations discrètes pour faire baisser la pression”, décrète entre autres le député PS Emir Kir.

Reste que si des aménagements techniques sont envisageables, le gouvernement ne semble pas vouloir changer de cap. Malgré tous les tirs de barrage.