Belgique

La cour d'appel de Bruxelles a porté à 7 ans, au lieu de 6, la peine de prison prononcée à l'encontre de l'islamiste radical Tarek Maaroufi dans le procès dit «terrorisme ». Deux autres figures marquantes, l'ex-footballeur tunisien Nizar Trabelsi et le fondamentaliste Amor Sliti, ont vu leurs peines de 10 et 5 ans de réclusion confirmées.

Trabelsi, Maaroufi et Sliti, à l'instar de trois autres prévenus du procès d'appel, répondaient de leur implication dans la préparation d'un attentat contre la base américano-belge de Kleine Brogel (Limbourg).

Nizar Trabelsi, arrêté au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, avait avoué vouloir se faire exploser dans la base militaire.

Il disait avoir renoncé au dernier moment à passer à l'acte, mais la cour d'appel n'a pas prêté crédit à ce revirement et a confirmé la peine maximale de 10 ans prononcée en correctionnelle fin septembre dernier.

Son ami Abdelkrim El-Haddouti, qui avait recelé des produits chimiques devant servir à la fabrication d'explosifs, a vu sa peine de 5 ans confirmée.

Tarek Maaroufi et Amor Sliti sont aussi condamnés, comme trois autres prévenus, dans le cadre d'une filière de faux documents destinée à recruter des candidats pour les camps de formation para-militaire d'Al-Qaïda en Afghanistan.

C'est cette filière qu'ont utilisée les deux faux journalistes tunisiens qui ont assassiné le commandant afghan Ahmad Shah Massoud, chef de l'Alliance du Nord et héros de la lutte anti-talibans, en faisant exploser une caméra piégée le 9 septembre 2001. Ils étaient munis de faux passeports belges.

Le doute a profité à Maaroufi sur la question de savoir s'il était au courant du projet d'attentat-suicide de Trabelsi (il l'avait notamment hébergé pendant un temps).

Si la cour a surtout souligné la motivation de Maaroufi à recruter des combattants pour renverser le régime tunisien, elle a aussi relevé qu'il avait été provocateur d'une association de malfaiteurs pour le recrutement de candidats au Jihad. Condamné à 6 ans en correctionnelle, il écope finalement de 7 ans en appel.

Déjà condamné dans le procès GIA en 1995, un nouveau procès l'attend à la fin mois.

Amor Sliti était, aux yeux de la cour, familier des radicaux islamistes de la mosquée londonienne de Finsbury Park (Abou Qatada, Abou Yiad), et connaissait la «filière italienne » (Ben Khemais). Avec Maaroufi, il a cherché et falsifié des passeports pour envoyer des candidats dans les camps d'Al-Qaïda, en Afghanistan, où il dirigeait une école. Sa peine de 5 ans de réclusion a été confirmée.

La cour a par ailleurs allégé de 3 à 2 ans la peine d'Abdelhouaid Aberkan - qui avait passé des aveux partiels après son passage en correctionnelle -, et de 4 à 3 ans celle de Mouloud Aiter. Elle a accordé la suspension du prononcé à Djamel M.

Ce dernier, condamné à 2 ans avec sursis en correctionnelle, est «sur la voie de l'amendement », selon le président de la cour, Pierre Saint-Rémy, qui a accordé la suspension prononcé pour ne pas nuire à la poursuite de sa carrière à la STIB qui l'avait suspendu.

La cour s'est montrée plus sévère envers Mohammed Boulayoun, récidiviste déjà condamné pour trafic de drogue. Ce fournisseur de faux passeports a vu sa peine augmentée de 2 à 3 ans de réclusion.

Enfin, le cas du benjamin du procès, Jaouad Moussaoui, reste nébuleux. Absent lors de l'avant-dernière audience, il a, selon son avocat Me Marchand, été expulsé par l'Office des étrangers et vit à nouveau en Grande-Bretagne, où il avait fréquenté la mosquée de Finsbury Park. Condamné à 4 ans avec sursis de deux ans, il avait purgé en Belgique une durée de détention préventive équivalente.

Les parties ont encore la possibilité de se pourvoir en Cassation.