Pénurie d'écoles: la situation s'aggrave

Stéphanie Bocart Publié le - Mis à jour le

Belgique

Amoins de deux semaines de la rentrée scolaire, la Commission interréseaux des inscriptions (Ciri) s’est réunie mercredi afin de faire le point sur la situation des inscriptions en 1re année secondaire. A ce stade, 307 enfants figurent toujours uniquement sur une liste d’attente (LA). "La situation est un peu plus dramatique que l’année dernière, où, à la même période, nous comptabilisions 227 enfants sur une liste d’attente", commente-t-on à la Ciri.

Cette année d’ailleurs, "globalement, la situation tend à se durcir". Sans surprise, c’est en Région bruxelloise que la tension est la plus forte, avec 287 enfants sur une LA (contre 214 un an plus tôt). En Brabant wallon, "la situation s’arrange légèrement" : 3 enfants sont sur une LA, contre 4 l’année dernière.

En revanche, dans le reste de la Région wallonne, "la situation a tendance à se durcir également" puisque l’on passe de 9 élèves sur une LA l’année dernière à la même époque à 17 cette année. Un durcissement qui se fait surtout sentir dans le Hainaut et un peu dans la province de Liège. Principales raisons ? "Certaines écoles ont déclaré moins de places disponibles en 1re année commune, avance-t-on à la Ciri. Deuxièmement, le boom démographique commence à se faire sentir dans certaines grandes villes wallonnes comme Liège, Charleroi ou Mons. Enfin, au niveau du pouvoir d’injonction de la Ciri (NdlR : c’est-à-dire la possibilité d’augmenter d’une unité la capacité des classes de certaines écoles complètes), on joue un peu plus dans l’attente au niveau du temps". En juin, la Ciri avait décidé d’utiliser son pouvoir d’injonction en ajoutant une place supplémentaire dans 80 % des places déclarées par les écoles complètes, ce qui avait permis de dégager un peu plus de 500 places. Mercredi, "nous avons décidé que la Ciri allait imposer son droit d’injonction de 20 % pour toutes les écoles de la Communauté française qui ont des listes d’attente" : au total, une soixantaine de places s’ouvriront.

Leur répartition entre les Régions bruxelloise et wallonne (hors BW) n’est pas encore déterminée, "mais nous savons désormais qu’à Bruxelles le gros du problème se situe dans le Nord, qui ‘a absorbé’ des enfants venant principalement de la périphérie flamande (NdlR : il n’y a pas d’école secondaire francophone dans les six communes à facilités) et où il manque des écoles". Bien que deux nouveaux établissements, sis à Haren et Laeken, ouvriront leurs portes en septembre, "nous avons du mal à percevoir au stade actuel les effets que cela produira sur les demandes, certains enfants s’étant inscrits dans l’ordre chronologique tandis que d’autres figurent peut-être aussi sur une liste d’attente ailleurs". Néanmoins, ce manque de places dans la capitale reste très cloisonné à la zone de Jette, Ganshoren et Neder-over-Heembeek.

D’ici la rentrée, d’autres sources de mouvements devraient libérer des places : certains élèves ayant raté leur CEB, plusieurs dizaines de places devraient être dégagées; il faudra aussi prendre en compte les éventuels déménagements ou départs à l’étranger ainsi que la décision de certaines écoles d’ouvrir quelques nouvelles places.

Alors que le décret inscriptions, en vigueur depuis trois ans déjà, vise à lutter contre l’échec scolaire et la dualisation de l’enseignement, chaque année, de plus en plus d’enfants se retrouvent, bien malgré eux, "sur le carreau".

Cette situation va-t-elle empirer ou se résorber au fil du temps ? Primo, la pression démographique se durcit à Bruxelles et commence à gagner la Wallonie. Secundo, "le manque de places d’école est un phénomène qui va s’accentuer encore pendant quelque temps, estime ce membre de la Ciri, car, pour le moment, la réflexion, principalement à Bruxelles, se marque surtout au niveau de l’enseignement fondamental (NdlR : 3 800 places, financées par le gouvernement bruxellois, vont être créées dans des préfabriqués dès cette rentrée. S’y ajouteront, d’ici à 2017, 4 151 places identifiées par le gouvernement de la Communauté française) . Mais, hormis quelques initiatives sporadiques, je n’entends pas de volonté de prendre les choses en main, tant du côté de la Communauté française que des autorités locales, au niveau du secondaire (NdlR : selon l’Institut bruxellois de statistique et d’analyse (Ibsa), il faudra créer, à l’horizon 2020, 12 500 places dans l’enseignement secondaire bruxellois) , et plus particulièrement dans le Nord de Bruxelles".

Mais pour l’heure, dès le 31 août, la Ciri supprimera des listes d’attente tous les élèves qui se placent en ordre utile où que ce soit dans l’une de leurs préférences ou en ordre utile chronologique. Elle passera ensuite le relais, le 1er septembre, aux commissions zonales des inscriptions.

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