Belgique Le ministre de l'Intérieur, Melchior Wathelet, a transmis mercredi la carte des zones de délestage aux gouverneurs de province. Le territoire national a été divisé en une série de zones. Si délestage il y a cet hiver celui-ci commencera dans les zones de catégorie 6 situées dans les provinces de Liège, Hainaut, Brabant wallon, Limbourg, Anvers, Brabant flamand et Flandre orientale. Charleroi pourrait être la zone la première affectée.


Cette carte, élaborée conformément à un arrêté royal de 2005, mentionne les cabines de basse et moyenne tension qui peuvent être délestées manuellement. Une partie du territoire, notamment les grandes villes ou les endroits où sont situées des industries classées Seveso, ne subira pas d'impact. Le délestage sera alterné.

Explications

Chaque zone représente une tranche de consommation de 500MW. Les tranches 6 (bleues claires) seront les premières impactées. Suivront: les jaunes, les roses, les rouges, les vertes, puis les bleues foncées. Les zones grises ne seront pas affectées. Si un délestage a déjà eu lieu dans une catégorie, le prochain délestage aura lieu dans une catégorie suivante, en allant de 6 à 1.


© DDM


Cette carte mentionne les cabines de basse et moyenne tension qui peuvent être délestées manuellement. Une partie du territoire, notamment les grandes villes, ne subira pas d'impact. Vous pouvez retrouver le plan détaillé par communes à l'adresse suivante: cliquez ici.

Le ministre a répété que tout serait fait pour éviter le délestage, c'est-à-dire l'arrêt de l'alimentation électrique pendant une durée limitée, en principe deux ou trois heures entre 17h et 20h.

"Tout sera prêt pour éviter ce délestage. C'est notre mission première et les initiatives prises ces dernières années sont très importantes. Si toutes ces initiatives n'avaient pas été prises, c'était sûr qu'il y avait un délestage. Aujourd'hui, ce n'est pas sûr", a-t-il affirmé en évoquant la réserve stratégique de 850 MW, les capacités d'interconnexion et les amendes qui seront infligées aux producteurs qui n'auraient pas prévu assez d'électricité pour leurs clients.

Une procédure sera enclenchée 7 jours avant qu'une pénurie ne risque de se produire. Elle sera coordonnée par le SPF Intérieur et le SPF Economie et, la veille de la pénurie, le centre de crise coordonnera les mesures à prendre.



Le délestage, "pas agréable" mais "nécessaire" pour éviter un black-out

Un délestage éventuel dépendra aussi de l'attitude des citoyens. Un certain nombre de gestes très simples comme le débranchement complet d'une télévision ou le retrait de la prise d'un chargeur de gsm auront toute leur utilité.

"Plus les citoyens auront un comportement responsable dans leur consommation d'électricité, plus on pourra éviter ce délestage", a assuré M. Wathelet.

Le travail se poursuivra pour régler certains points pratiques, par exemple pour le chemin de fer. Il est possible que certains trains ne roulent pas, a averti le président de la Conférence des gouverneurs, Lode De Witte. Les contacts avec les fédérations d'entreprise se poursuivront également. A ce jour, le point d'une indemnisation n'a pas été discuté.

La population sera informée d'un délestage par la voie des médias. Les communes devront également assumer cette mission. Des sites internet ont par ailleurs été mis sur pied. A partir du 1er novembre, Elia diffusera des informations par le biais de "www.pretpourlhiver.be".

Le délestage pourra s'avérer nécessaire pour éviter le black-out dans toute la Belgique.

"Le délestage, ce n'est pas quelque chose d'agréable mais ça peut être nécessaire pour éviter à la Belgique un black-out", a souligné M. Wathelet.




"Symptomatique d’une politique énergétique désastreuse"

L'organisation Greenpeace estime que ce plan de délestage est "symptomatique de la politique énergétique catastrophique" de notre pays. "La vision à long terme fait défaut à tous points de vue. La Belgique n’aura pas uniquement des problèmes d’approvisionnement énergétique cet hiver mais également lors des deux suivants ! Le devoir de notre gouvernement est de nous assurer une sécurité d’approvisionnement énergétique jusqu’en 2017. Mais où sont les mesures structurelles qui nous permettront d’atteindre cet objectif ? Demandez à la population d’éteindre sa télévision, par exemple, est risible", affirme Michel Genet, directeur de Greenpeace Belgique.

Greenpeace exige également que le plan de délestage soit complété par des économies d’énergie, notamment au niveau de l’éclairage national. L’organisation attend aussi des gestionnaires du réseau de distribution qu’ils soient plus actifs en matière de « demand-side-management » pour les entreprises, le secteur tertiaire et les ménages.

Elle poursuit: "L’énergie nucléaire est un problème, pas une solution. Doel 3 et Tihange 2 doivent être fermés définitivement. Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est parce que la Belgique n’a pas mené de politique énergétique digne de ce nom depuis des années et parce qu’elle a maintenu en place le monopole de GDF Suez. Pour Greenpeace, prolonger la durée de vie des réacteurs obsolètes, dont la date limite de fonctionnement est dépassée depuis longtemps, n’est pas une option."