Belgique

Combien de divisions, le Rassemblement Wallonie-France (RWF) et son antenne bruxelloise du RWB? Pour leur premier test électoral, le scrutin local d'octobre 2000, ces `réunionistes´ à la France totalisaient quelque 20 000 voix sur le plan provincial, mais n'alignaient aucun élu et ne bénéficiaient que de scores microscopiques au niveau communal. A ce premier dénombrement, mitigé, du mouvement lancé fin 1999 par Paul-Henry Gendebien, on n'oubliera pas d'ajouter que d'une part, tous les militants du registre hexagonal ne se retrouvent pas forcément dans le giron de l'ancien président du RW (songeons au parti `France´), et que d'autre part, tous les autonomistes wallons et républicains ne sont pas nécessairement francophiles ou francolâtres puisque certains préfèrent imaginer une Wallonie indépendante, seule...

Pourtant, son président sent comme des `frémissements´ autour du RWF-RWB. Les signes?

D'abord une recrue notoire, s'agissant d'un autre ancien du mouvement wallon, RW puis PRL: l'ex-ministre et professeur à l'ULg François Perin adhère au Rassemblement. `Jusqu'il y a quelques mois, il ne croyait pas à la nécessité de le faire, explique Gendebien. Il ne sera pas militant actif, mais c'est une caution politique encore forte dans de nombreux milieux.´ Lequel Perin commente que ce parti est nécessaire pour faire savoir à l'opinion publique que le rattachement à la France est une réponse à `l'éclatement prochain de la Belgique´. En passant, à se rappeler l'implosion du Rassemblement wallon en 1976-77, quand l'ancien président Perin avait claqué la porte du parti au nez et à la barbe du président Gendebien d'alors, ces retrouvailles frisent l'ironie de l'histoire... Ajoutons un autre ralliement, mais dont la portée vaut surtout cette fois entre initiés: celui de l'écrivain-militant Pierre Mélon, venu tout droit de la concurrence `France´ dont il était une tête pensante.

Un second signe? L'attention portée, semble-t-il, au dernier ouvrage de Gendebien, explicitement intitulé `le choix de la France´ (*). Qui ambitionne, en quelque sorte, d'être la bible du réunionisme/rattachisme. L'auteur s'y montre d'ailleurs moins lyrique, plus analytique que dans son précédent livre, `Splendeur de la liberté´, paru début 99 - où il n'était pas encore question de destin commun, mais d' `inclination naturelle´ vers la France. Cette fois, une longue mise en perspective historique débouche sur cette conclusion qui se veut imparable: `La Wallonie sera bientôt confrontée à l'alternative suivante: ou bien rester belge à tout prix et contre toute évidence; ou bien, l'indépendance n'ayant pas la crédibilité suffisante, se préparer résolument au `choix français´ en vue d'une intégration dans la République.´

(*) `Le choix de la France. Un avenir pour la Wallonie et Bruxelles´. Collection `Politique´, éditions Luc Pire. 184 pp., 18 €.

© La Libre Belgique 2002