Périphérie : "Tout relève du choix des parents"

St. Bo. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Ordre du jour chargé mardi en commission de l’éducation. Ce ne sont pas moins de trois interpellations et d’une dizaine de questions orales auxquelles la ministre Marie-Dominique Simonet (CDH) s’est attelée à répondre. Parmi celles-ci : quatre questions jointes - posées par Mohamed Daïf (PS), Barbara Trachte (Ecolo), Françoise Bertieaux (MR) et Caroline Persoons (FDF) - sur les derniers soubresauts concernant l’application du décret inscriptions en périphérie bruxelloise.

"Je veille largement au statut sui generis des écoles francophones de la périphérie, tient à rappeler la ministre, en y maintenant l’inspection par la Fédération Wallonie-Bruxelles et en facilitant matériellement tant l’organisation du CEB (certificat d’études de base) que la distribution de formulaires uniques d’inscription (FUI) en 1re année commune de l’enseignement secondaire."

Qu’en est-il de la situation des enfants de la périphérie appelés à entrer en 1re secondaire ? "Chaque année, leur situation fait l’objet de questions, c’est tout à fait légitime, ainsi que d’une rubrique particulière du rapport de la Ciri (Commission interréseaux des inscriptions)", indique Mme Simonet. En 2011 ont été déposés 262 FUI, correspondant aux élèves des huit écoles francophones de la périphérie. Parmi eux, 48 se sont retrouvés sur une liste d’attente (LA), juste après le premier classement de la Ciri. Sur ces 48 écoliers, 1 venait de Rhode-St-Genèse, 4 de Wezembeek, 5 de Crainhem, 1 de Drogenbos et 37 de Wemmel. Au 1er septembre, sur les 256 FUI, 218 élèves ont été inscrits dans leur 1er choix d’école, 234 dans leurs quatre premières préférences et 5 en ordre utile chronologique; 2 inscriptions ont été annulées et 15 enfants étaient toujours sur une LA. Quinze jours plus tard, au 16 septembre, 221 élèves étaient inscrits dans leur 1re préférence, 238 dans l’une de leurs quatre préférences, 5 en ordre chronologique et 13 avaient annulé leur inscription. Pour la ministre, "certes tous les enfants de la périphérie n’ont pas été inscrits dans l’une de leurs préférences mais leur sort n’est pas différent de celui d’enfants issus d’autres communes de Bruxelles ou d’autres provinces du pays. Tout n’est pas fonction du décret; tout est fonction du choix que les parents font".

Quant au taux de pénétration en 2011, 85,83 % des élèves de la périphérie ont eu accès à l’établissement de leur 1er choix, contre 87,89 % pour les enfants de la région bruxelloise. "En 2010, en revanche, c’était le contraire : le taux de pénétration était plutôt à l’avantage des élèves porteurs d’un indice moyen, poursuit Mme Simonet. L’indice moyen n’est donc ni un avantage ni un handicap. Et c’est bien cela le but du décret : avoir un point d’équilibre."

Par ailleurs, "l’indice, qu’il soit moyen ou composite, n’a de valeur que relative; il est corrélé à la configuration de la demande pour une école donnée, reprend la ministre. Ainsi faut-il constater que les parents des enfants issus des écoles francophones de Wezembeek, Wemmel, Crainhem, etc. expriment des préférences à l’égard de 8 ou 9 écoles très typées du réseau libre catholique. C’est leur droit, mais ce réseau ne peut absorber toutes les demandes qui le concernent".

En 2012, 293 FUI ont été déposés par les parents des élèves des 8 écoles francophones de la périphérie, soit 30 de plus qu’en 2011. Au 16 mai, 70 élèves figuraient sur une LA, dont 24 sont originaires de Wezembeek, 10 de Crainhem, 1 de Drogenbos et 35 de Wemmel. "A Wemmel, l’essentiel de la demande se porte sur 2 écoles de Jette et à Wezembeek-Crainhem, sur 1 école de Woluwe-St-Pierre", informe Mme Simonet. Or, ces trois établissements pratiquent l’adossement et enregistrent un nombre important de "prioritaires fratrie", ce qui laisse un nombre de places non prioritaires très marginal.

Sur les 9 écoles saturées visées par les 70 enfants de la périphérie se trouvant sur une LA, l’école qui a le moins de demandes en attente en compte 96, et celle qui en a le plus, 378 Donc, "en introduisant dans leurs préférences quelques écoles qui ne figurent pas parmi les 9 toujours saturées, les parents ont des chances réelles de trouver une place", conseille la ministre.

Et de maintenir qu’"un changement du décret n’aurait de justification ni juridique - les écoles francophones de la périphérie étant situées en Communauté flamande - ni pragmatique, puisqu’une modification ne permettrait en rien d’accroître le nombre de places disponibles. Il y a aussi des parents de la région bruxelloise dont les enfants sont sur une LA pour ces écoles-là". Et la situation n’est pas près de s’arranger puisque dans les écoles du nord de Bruxelles (Jette, Ganshoren, Koekelberg, Molenbeek), il reste 64 places disponibles pour 246 élèves actuellement sur une liste d’attente.

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