Belgique

On aurait tort de croire que le vote intervenu mercredi en Commission des poursuites du Parlement bruxellois, à propos de la demande de levée d'immunité parlementaire d'Yves de Jonghe d'Ardoye d'Erp (MR) formulée par le procureur général de Liège Cédric Visart de Bocarmé (LLB 28/4), serait de nature à contraindre l'Assemblée en séance plénière, quand elle traitera le sujet le 1er juin. Mais enfin, il est vrai que le Parlement suit souvent l'avis des commissions - sinon, à quoi bon ?

Or cet avis a été très net, dans ce dossier d'urbanisme relatif au Cercle de Wallonie (Namur) qui, aux yeux de certains, semble surtout viser par ricochet l'homme d'affaires Stéphan Jourdain (alors propriétaire du Cercle) plutôt que M. de Jonghe (ancien administrateur délégué). Bref, sur les 13 commissaires présents (sur 15), 1 s'est abstenu et 12 ont voté contre la levée.

Bien que ni M. de Jonghe, ni son avocat le bâtonnier Pierre Legros n'aient souhaité faire de commentaires, "La Libre" a appris que les députés ont largement fait leur argumentaire qui rendait perdante la demande de M. Visart. Il s'agit entre autres de l'ancienneté du dossier, car l'abattage sans permis d'arbres sur 2 ha et sur ordre de M. Jourdain date de 2002; du fait que, usuellement, les demandes de levée sont adressées peu après la mise au jour des griefs, alors que 5 ans se sont écoulés, ici (sans qu'il y ait même eu de proposition de transaction préalable); ou encore du fait qu'une régularisation est intervenue. L'éventualité d'un acharnement judiciaire a même été évoqu ée, en marge de la séance.