Belgique

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close a contesté être en première ligne pour décider de fermer ou non la Grande mosquée de Bruxelles comme le lui a demandé le président de la commission d'enquête sur les attentats, Patrick Dewael (Open Vld). 

"La Grande Mosquée de Bruxelles occupe un immeuble fédéral qui tombe sous une compétence fédérale", a indiqué vendredi la porte-parole du bourgmestre de Bruxelles Philippe Close. Celui-ci a également fait savoir qu'il avait sollicité, jusqu'ici en vain, le 17 mai dernier une réponse et un avis du gouvernement fédéral à ce propos. Interpellé le 14 mai dernier à ce sujet, au conseil communal, Philippe Close s'était montré partisan d'un geste ferme face à "de telles manifestations d'intolérance" (ndlr: au sein de la Grande Mosquée). Il avait alors déjà souligné qu'il tenait à s'inscrire dans le contexte de la feuille de route définie par le gouvernement fédéral, propriétaire des lieux, en la matière.

Le président de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats terroristes, Patrick Dewael (Open Vld), a écrit cette semaine au bourgmestre de Bruxelles pour lui demander s'il comptait fermer la Grande Mosquée de Bruxelles.

Cette demande fait suite à la remise par l'Organe de Coordination et d'Analyse de la Menace (OCAM) à la commission de suivi de la commission d'enquête d'un rapport pour l'alerter sur la littérature disponible au Centre Islamique et Culturel de Bruxelles (CICB), l'institution qui gère la Grande Mosquée du Cinquantenaire.

Des livres d'inspiration salafiste incitent les fidèles à se lancer dans le djihad armé et à persécuter les homosexuels, ou encore décrivent les juifs de façon infamante.

"Nous avons demandé le rapport, en tant que ville, et il a alors été décidé de poser la question au Premier ministre Charles Michel et de recueillir son avis sur l'opportunité ou non de fermer la Mosquée. Jusqu'à présent, nous n'avons pas reçu de réponse", a affirmé vendredi la porte-parole de Philippe Close.

Selon celle-ci, la Ville de Bruxelles est "demandeuse d'une réponse et ouverte à une discussion, à une concertation et un avis. S'ils demandent la fermeture, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles ne s'y opposera pas".

Etant donné qu'il revient au fédéral d'assurer le suivi du dossier et de la sécurité à la Grande Mosquée, le bourgmestre ne décidera pas lui-même de procéder à la fermeture, bien qu'un arrêté communal soit nécessaire pour procéder à celle-ci, a ajouté la porte-parole.