Belgique

Une plainte pour abus sexuel a été déposée vendredi, a indiqué le parquet anversois, qui ne fait pas d'autres commentaires. La VRT avait auparavant indiqué que les faits se seraient produits il y a vingt ans et auraient duré un certain temps.

Luc Versteylen, âgé aujourd'hui de 83 ans, démissionnerait également de son poste au sein du conseil d'administration du centre de réflexion "Leven in de brouwerij", qu'il a fondé à Viersel. Il a écrit une lettre aux membres du conseil d'administration de l'asbl.

Selon la VRT, le père jésuite ne souhaite pas faire de commentaires sur cette affaire. Luc Versteylen a fondé le parti Agalev, le précurseur de Groen!. Les jésuites flamands ont réagi samedi matin en indiquant avoir "toute confiance en la justice", qui fera "la clarté sur cette plainte".

Trois victimes possibles

Trois personnes qui pourraient avoir été abusées par le père jésuite Luc Versteylen se sont présentées auprès de l'asbl "Viersel - Leven in de Brouwerij", a déclaré samedi Walter Lever, porte-parole de l'asbl. C'est l'asbl elle-même qui a contacté le parquet sur base d'une lettre anonyme. "Une lettre anonyme arrivée à l'asbl rapporte en des termes très détaillés les faits qui ont été commis entre 1985 et 1995", explique le porte-parole.

L'auteur de la lettre ne parle que d'abus commis à son encontre, mais "à la suite de la lettre, deux autres personnes se sont manifestées. Elles évoquent des manipulations et contacts corporels", ajoute M. Lever. Cela concerne à chaque fois de possibles abus commis sur des jeunes âgés de plus de 15 ans.

Walter Lever s'est dit surtout étonné qu'un homme qui s'est toujours fermement opposé à toute forme de maltraitance des enfants et a soutenu la création du bois "Witte Kinderbos", contre la pédophilie, soit aujourd'hui accusé lui-même d'abus sexuels.

L'asbl dit avoir fait son devoir en communicant ces possibles faits d'abus sexuels et laisse maintenant la justice faire son travail. Le conseil d'administration de l'asbl se réunit samedi soir et communiquera ensuite. Luc Versteylen a entre-temps démissionné de son poste au sein du conseil d'administration et de l'assemblée générale de l'asbl.

L'intéressé se défend dans une lettre

Le père jésuite Luc Versteylen a réagi, samedi dans une lettre, aux accusations d'abus sexuels émanant vraisemblablement de plusieurs jeunes du centre de réflexion "Leven in de Brouwerij" à Viersel. Il parle d'une plainte à cause "d'un comportement qui a dépassé la mesure" et écrit qu'il a peut-être "déçu et même blessé involontairement certaines personnes", mais que cela n'avait jamais été son intention. "La recherche, dans les années 70, d'une nouvelle expérience corporelle était certes limite ("grensverleggend"), mais n'a jamais transgressé ("nooit grensoverschrijdend"), celle-ci", peut-on lire dans la lettre.

Cependant, il admet qu'après avoir participé à la vie dans l'asbl durant quarante ans, il ait déçu et même blessé certaines personnes, alors qu'il avait le souci de bien faire, explique en substance Luc Versteylen. Il souhaite qu'on lui donne la possibilité de réparer le mal qu'il a fait involontairement à ces personnes et de pouvoir continuer à vivre avec chacun en bonne entente.

Le père jésuite parle d'une plainte pour un comportement qui aurait transgressé les limites ("grensoverschrijdend gedrag"). "J'espère qu'il y a suffisamment de personnes qui peuvent témoigner que j'ai essayé déjà depuis des années d'être le contraire d'un abuseur d'enfants", conclut Luc Versteylen.