Belgique

Rien n'a été fait depuis l'annonce de la fermeture de Caterpillar en septembre 2016, a dénoncé jeudi l'opposition à la Chambre à la suite du conseil d'entreprise qui s'est tenu chez Carrefour. Le débat a été vif en séance plénière. Plusieurs députés ont également déploré l'absence de tout membre du comité ministériel restreint, notamment le vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, Kris Peeters, alors que 1.233 emplois pourraient disparaître. Les partenaires sociaux se penchent sur l'évaluation de la loi Renault qui encadre les licenciements collectifs. Le travail n'a toujours pas abouti, a indiqué la ministre du Budget, Sophie Wilmès, qui s'exprimait au nom du Premier ministre. Le ministre de l'Emploi a insisté sur la nécessité d'un "traitement urgent".

L'explication n'a pas convaincu l'opposition.

"L'excuse des partenaires sociaux, vous la servez quand ça vous arrange. Si cela bloque, c'est à cause de votre accord de gouvernement qui prévoit de pouvoir licencier plus rapidement", a répondu Catherine Fonck (cdH).

"C'est à nouveau le service minimum. L'impuissance du gouvernement est patente", a fustigé de son côté Georges Gilkinet (Ecolo).

Le PS et le PTB ont réclamé l'interdiction des "licenciements boursiers" et pointé du doigt la politique menée par le gouvernement à l'égard des grandes entreprises. "Cette politique de diminution linéaire et aveugle des cotisations sociales est inopérante face aux grandes entreprises", a affirmé Jean-Marc Delizée (PS).

Les bancs ministériels étaient clairsemés jeudi au parlement. Plusieurs ministres sont en déplacement à l'étranger, dont le Premier ministre, Charles Michel, et le ministre de l'Emploi, Kris Peeters, qui participent au Forum Economique Mondial à Davos.

"C'est le choc social et le Premier ministre ainsi que le ministre de l'Emploi font des courbettes à Davos devant les dirigeants des multinationales", a dénoncé Marco Van Hees (PTB).

"Il ne faut pas sous-estimer la présence de nos ministres dans les réunions internationales qui permet à notre pays de rayonner", a fait remarquer Mme Wilmès.

L'argument du député PTB a aussi suscité la réprobation dans la majorité, une réprobation qui s'est accrue sur les bancs du MR quand celui-ci a dénoncé la double fonction d'une conseillère du ministre wallon de l'Economie, Pierre-Yves Jeholet, également administratrice de Carrefour Belgium, en la personne de l'ancienne ministre Sabine Laruelle.

Le gouvernement fédéral a pour sa part indiqué qu'il fera tout son possible pour soutenir au maximum les travailleurs de Carrefour et leurs familles. C'est ce qu'ont souligné jeudi le Premier ministre Charles Michel et le ministre de l'Emploi Kris Peeters, dans une première réaction au plan de restructuration annoncé par le groupe français. MM. Michel et Peeters "sont en contact avec la direction de Carrefour" et rencontreront rapidement les syndicats, a indiqué un porte-parole du Premier ministre.


Le ministre Jeholet veut "limiter au maximum" les pertes d'emploi

Le ministre wallon de l'Économie et de l'Emploi Pierre-Yves Jeholet a pris contact avec les représentants des travailleurs de Carrefour et rencontrera mardi la direction belge du groupe afin de "voir tout ce que l'on peut faire pour limiter au maximum la casse" en matière d'emploi, a-t-il indiqué jeudi. Le ministre MR et vice-président du gouvernement wallon s'est dit surpris par l'ampleur de l'annonce du groupe français de grande distribution. "Je suis aux côtés des travailleurs et des familles, je mesure le désarroi, l'inquiétude et la détresse", a commenté M. Jeholet (MR), tout en soulignant la nécessité de recevoir des précisions sur les chiffres bruts annoncés.

Le ministre a pris contact avec les représentants des travailleurs pour les rencontrer. Mardi matin, il recevra le directeur (CEO) de Carrefour pour le nord et l'est de l'Europe, Guillaume de Colonges. M. Jeholet a aussi pris contact avec la directrice de l'office wallon de l'emploi et la formation (Forem) Marie-Kristine Vanbockestal et doit s'entretenir avec le ministre bruxellois de l'Emploi Didier Gosuin, vu que le siège de Carrefour Belgique est à Evere. Il n'exclut pas non plus, en tant que président de la conférence interministérielle Emploi, d'associer le gouvernement fédéral, encore qu'il soit trop tôt actuellement pour le faire vu le manque d'informations.

Le ministre bruxellois de l'Emploi propose une réunion de crise à ses collègues régionaux

"Je proposerai prochainement une réunion de crise à mes collègues régionaux", indique jeudi Didier Gosuin, ministre bruxellois de l'Emploi et de l'Economie. "En octobre 2016 et dans le cadre des dossiers AXA et ING, Didier Gosuin avait eu l'occasion de réunir une cellule de crise avec ses homologues wallons, flamands et germanophones", explique le ministre dans un communiqué. "Pour le dossier Carrefour, les autres ministres de l'Emploi seront impliqués dans la gestion de tout le processus en tenant compte des impacts dans leurs régions respectives." Didier Gosuin proposera donc une réunion de crise à ses homologues des autres Régions.