Plus d’un médecin sur 5 est non conventionné

Vincent Rocour Publié le - Mis à jour le

Belgique

Voilà qui donne une indication sur l’accès aux soins de santé en Belgique. Interrogée par la députée N-VA Reinilde Van Moer sur l’adhésion des médecins à la convention médico-mutualiste, la ministre des Affaires sociales, Laurette Onkelinx (PS), vient de livrer quelques chiffres éclairants. Des chiffres importants pour les patients puisque le médecin non conventionné est libre de pratiquer les prix qu’il veut.

Or que constate-on ? Que, de manière générale, 22,8% des médecins belges n’étaient pas conventionnés en 2009 - 7 827 médecins des 34 255 médecins recensés par l’Inami ont refusé de signer la convention. Certes, cela ne fait qu’un peu plus d’un médecin sur 5. Mais c’est un chiffre apparemment en légère hausse. En 2008 en tout cas, le nombre de médecins conventionnés atteignait juste les 20%.

Ce chiffre global nécessite cependant une nuance importante. Les 22% de médecins qui ont refusé d’adhérer à la convention n’ont effectué, en 2009, que 17% des prestations médicales. En clair, chaque médecin non conventionné pose en moyenne moins d’actes que son homologue conventionné. Cet écart peut s’expliquer de deux façons. Soit les chiffres reprennent un certain nombre de médecins en fin de carrière qui ne jugent plus utile de se conventionner, mais qui ne pratiquent plus beaucoup non plus. Soit les médecins non conventionnés font effectivement moins d’actes que leurs homologues conventionnés, notamment parce qu’ils retirent a priori un plus grand revenu par acte et qu’ils peuvent y consacrer plus de temps.

Une deuxième nuance s’impose. Les taux de conventionnement varient fort d’une spécialité à l’autre et, aussi, d’une région à l’autre. De toute évidence, les généralistes sont plus attachés à la convention que les spécialistes. Les généralistes sont moins de 19% à avoir choisi de fixer librement leur tarif. Les spécialistes sont 27% dans ce cas. A quoi est-ce dû ? Difficile à dire. Peut-être que les 4 500 euros promis au médecin qui signe la convention pour lui assurer un statut social constituent une somme à laquelle les généralistes peuvent plus difficilement se passer.

On notera qu’il y a aussi des variations dans les rangs des spécialistes. Selon la ministre Onkelinx, les secteurs de la gynécologie, de l’ophtalmologie, de la chirurgie esthétique et de la dermatologie sont frappés de taux de déconventionnement particulièrement élevés.

On constate aussi des différences régionales. C’est à Bruxelles que la convention séduit le moins de médecins : ils sont 30% à l’avoir rejetée - 34% des généralistes et 31,3% des spécialistes bruxellois lui ont tourné le dos. En Flandre et en Wallonie, le taux de déconventionnement tourne autour des 21%. Avec un grand contraste, en Flandre, entre les généralistes qui ont adhéré à la convention à 86,6% et les spécialistes qui n’ont été que 70% à l’avoir approuvée.

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