Belgique

Bien sûr, il ne s’agit "que" de statistiques. Prenez une cohorte d’élèves, suivez-les, étape par étape, depuis leur entrée à l’école maternelle jusqu’à leur sortie des humanités et plus, et tirez-en les conclusions qui s’imposent.

La publication des indicateurs de l’Enseignement est toujours un moment particulièrement attendu par l’ensemble des acteurs de la communauté scolaire. Mais pas seulement. Fournissant des données objectives chiffrées sur le parcours des élèves et sur le fonctionnement global du système éducatif en Communauté française, ces indices numériques établissent une série de constats saillants, susceptibles d’intéresser et d’interpeller tout un chacun qui a fréquenté, fréquente ou fréquentera l’école.

Problématique cruciale s’il en est, le phénomène de redoublement dans l’enseignement ordinaire est ainsi particulièrement mis en exergue dans le cadre de cette édition 2012.

Point positif, il y aurait de moins en moins d’élèves "bisseurs" dans l’enseignement fondamental (maternel et primaire). Les indicateurs 2010-2011 soulignaient une diminution du taux de redoublement dans le fondamental, la tendance se confirme donc cette année. Ainsi, le redoublement affecterait un pour cent des élèves du maternel, et près de quatre pour cent de ceux du primaire.

Lors de la présentation des indicateurs ce vendredi, la ministre de l’Enseignement obligatoire, Marie-Dominique Simonet (CDH) a ainsi rappelé sa volonté de lutter contre le redoublement à tous les niveaux, y compris en maternel et primaire. "Plutôt que de casser l’enfant et l’image qu’il a de lui-même en lui faisant recommencer son année, mieux vaut outiller l’enseignant de façon à ce qu’il puisse accompagner plus efficacement le jeune en difficulté, a-t-elle déclaré. Avant d’ajouter : nous souhaitons que les instituteurs de troisième maternelle travaillent davantage en collaboration avec ceux des deux premières années du primaire, de façon à favoriser chez eux le développement d’une vision encore plus affinée de l’élève."

Dans l’enseignement secondaire, la situation est tout autre. Le taux de redoublement en humanités connaît une phase de stabilisation après plusieurs années de progression continue. Le constat préoccupe.

Ainsi, toujours pour ce qui est de l’année 2010-2011, le redoublement affecterait plus de 15 % des élèves du secondaire en Communauté française. L’étude longitudinale des taux de redoublants montre ainsi que dans une classe de l’école secondaire, près de quatre élèves sur vingt-cinq, en moyenne, sont redoublants, alors que dans une classe de primaire, la moyenne est de un élève sur vingt-cinq.

Dernier constat, en primaire, c’est la première année qui est la plus sensible, avec un taux moyen de redoublement de 6 %. Dans le secondaire, c’est la troisième année qui est la plus "meurtrière" : plus d’un élève sur cinq (21 %) est contraint de recommencer son année. Elle devance de peu la cinquième a nnée, au terme de laquelle un peu moins d’un élève sur cinq (19 %) redouble.