Belgique

De gros embarras de circulation sont attendus dès 05H00 du matin mardi aux différentes voies d'accès menant à Bruxelles, a indiqué lundi la police de Bruxelles-Ixelles, en lien avec l'action prévue dans le secteur des taxis bruxellois. Une manifestation est prévue dans le centre de la ville durant l'après-midi. Des obstacles temporaires à la circulation sont possibles sur le Ring de Bruxelles (R0) ou sur les entrées et sorties, mais aussi sur l'avenue Charles-Quint, le rond-point Schuman, le plateau du Heysel et en direction de l'aéroport national.

La police déconseille de se rendre dans la capitale en voiture. Les transports publics de surface (De Lijn, STIB et TEC) pourront également être affectés par cette action. Le métro et le train rouleront quant à eux normalement.

Une manifestation est par ailleurs prévue à 13H30 avec pour point de départ la gare du Nord. Le cortège empruntera le boulevard Jardin Botanique, le boulevard Pachéco, la cathédrale Saint-Gudule, la place et la rue du Congrès, la place Madou, la rue Joseph II, la rue du Belliard, l'avenue Joyeuse Entrée et la petite rue de la Loi près de Schuman.

L'arrivée est prévue vers 15H30. La police conseille d'éviter de s'approcher en voiture du parcours de la manifestation


.

La demande des taxis  ? Que la société de transport de personnes Uber se plie aux réglementations en vigueur et que le ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SP.A) démissionne. Ce dernier est accusé de vouloir “légaliser” les activités du géant américain en le mettant sur un pied d’égalité avec les taxis existants. “Depuis quatre ans M. Smet a démontré qu’il ne voulait pas de dialogue et n’était pas prêt à un accord constructif, nous voulons donc qu’il s’en aille”, explique Sam Bouchal, secrétaire général de la Fédération Belge des Taxis. “Le combat que nous menons touche tous les citoyens de notre pays et d’Europe. Si on valide la recette de l’économie des plateformes, elle sera appliqué à tous les secteurs et nous ne voulons pas de cela”.

Reste que le front commun des taxis ne l’est pas tant que ça. Si sur le fond, la CSC-Transcom valide les demandes des taximen, elle déplore la forme et prend clairement ses distances avec la manifestation qui devrait regrouper entre 600 et 1000 taxis dont 200 à 300 provenant de l’étranger (France, Espagne, Grande-Bretagne, Suisse). “Quand on organise des actions de ce type, il faut pouvoir les maîtriser, dénonce Philippe Lescot de la CSC-Transcom. Or ici, je ne suis pas convaincu que les organisateurs aient cette maîtrise. Avec tout ce qui circule sur les réseaux sociaux et les indices que nous avons récoltés, nous craignons très fortement des débordements de certains taximen. Nous ne voulons pas de cortège anarchique et nous dénoncerons toute forme de violence”.

Cibles de certains taximen, les chauffeurs Uber se méfient

Car des question se posent sur l’organisation de cetta action. Est-elle légale ? Du côté de la police de Bruxelles-Ixelles, on nous explique n’avoir reçu de demande de manifestation que pour la place Schuman. “Ce sera donc à chaque bourgmestre dont la commune est traversée de donner ses instructions en fonction de la situation”, nous informe-t-on. “Il ne s’agit pas d’une manifestation sauvage, réplique M. Bouchal. Le rassemblement aura lieu au Heysel, mais il y aura des opérations “escargots” un peu partout à Bruxelles. Nous ne bloquerons pas les véhicules d’urgence et de secours, mais tous les autres, dont les véhicules Uber, seront très fortement ralentis”.

Cibles directes de messages très violents, venant surtout de France et d’Espagne, les chauffeurs de la plateforme américaine feront profil bas ce mardi. “Je n’irai pas travailler ce mardi, nous explique un chauffeur Uber. Pourtant, je pourrais me faire beaucoup d’argent, vu qu’il n’y aura très peu de taxis en service, mais c’est trop risqué. Avec nos nouvelles plaques, nous sommes facilement identifiables”.

M. Bouchal appelle tout le monde au calme, même s’il reconnaît que certains chauffeurs venus de l’étranger, particulièrement menaçants, ne font partie d’aucuns syndicats

Nous n’avons pas la culture des pays latins et nous ne fouterons pas le feu, ni ne porterons atteinte aux biens et mobiliers privés et publics. Il est hors de question qu’il y ait la moindre violence”, lance-t-il. Des stewards encadreront les manifestants.