Belgique

La Belgique connaît depuis plusieurs mois une augmentation très sensible du nombre de demandeurs d'asile dont une proportion considérable de mineurs étrangers non accompagnés (MENA). Face à l'important afflux de réfugiés, les centres d'accueil se trouvent débordés, près de 750 MENA sont en attente d'un tuteur et, au cours de ces dernières semaines, plusieurs centaines de jeunes ont été contraints de dormir à la rue sans aucune protection, dénoncé mercredi Bernard De Vos, délégué général aux droits de l'enfant, dans une lettre ouverte. Une inquiétude partagée par l'UNICEF qui appelle les autorités à "faire des enfants réfugiés en Belgique leur priorité." "Les conséquences d'un séjour à la rue pour des mineurs présentent tous les risques que les textes internationaux visent précisément à éviter aux enfants au nombre desquels on trouve, en bonne place, l'exploitation, la traite, la violence et la prostitution. C'est à ces dangers que notre pays expose, sans état d'âme apparent, des dizaines d'enfants si leurs conditions d'accueil ne changent pas drastiquement dans les plus brefs délais", avertit M. De Vos.

Le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides a enregistré en 2015 2.370 demandes d'asile de MENA en Belgique, soir presque cinq fois plus que le taux de demandes d'asile des MENA en 2014. "Un taux jamais atteint en Belgique depuis 2006", indique l'UNICEF.

Le délégué général aux droits de l'enfant estime également que les conditions de vie intolérables de ces mineurs sont dues principalement au nombre limité d'enregistrements journaliers auprès de l'Office des Etrangers. "Nous recommandons, avec la plus grande fermeté, que le gouvernement fédéral organise, sans délai, un pré-accueil inconditionnel pour tous les mineurs d'âge dès leur arrivée sur le territoire et, ce, sans attendre la première audition auprès de l'Office des Etrangers. Cela, en dépit du fait que ce pré-accueil se justifie, humainement, pour toutes et tous, enfants et adultes".

UNICEF souligne pour sa part que "la crise ne peut pas occulter les droits à la protection de ces enfants." L'organisation demande notamment des réponses adaptées aux enfants de moins de 12 ans, un accompagnement des familles au-delà d'une période de 3 mois ainsi que d'identifier et d'accompagner les enfants victimes de la traite des êtres humains.

D'après l'UNICEF, les 1.000 places demandées par FEDASIL aux Communautés sont insuffisantes. L'ONG estime que le réseau fédéral pour les demandeurs d'asile en Belgique aurait besoin de 300 places par mois pour les enfants.

Plus de 750 MENA sont actuellement dans l'attente de la désignation d'un tuteur, comme le prévoit la loi alors que l'afflux des réfugiés mineurs ne fait que croître. Le Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides a enregistré en novembre dernier 765 demandes d'asile de MENA, contre 55 demandes en novembre 2014, selon M. De Vos.

Deux cas de jeunes enfants à la rue ont été rapportés cette semaine de même que plusieurs cas d'exploitation d'enfants hébergés dans des centres pour adultes, pointe de son côté UNICEF.

"Les décideurs politiques ne peuvent donc pas se permettre d'attendre un mois pour réagir", conclut l'ONG.