Belgique Les cérémonies du 60e anniversaire de la libération de la Belgique devaient forcément marquer un arrêt au fort de Breendonk, témoin capital de l'horreur nazie. Ancien fort de l'armée belge, construit en 1906, il avait pour mission de défendre Anvers. Au début de la deuxième guerre mondiale, les occupants allemands s'en emparent, pour y installer une prison.

Le 20 septembre 1940, les premiers détenus arrivent. En septembre 1944, 4 ans plus tard, au moins 3532 hommes et femmes (une trentaine) auront transité par ces murs, mais 1.733 d'entre eux n'auront pas survécu à la guerre. Au moins 185 prisonniers seront exécutés.

Au départ, les détenus sont surtout des «asociaux» et des contrevenants aux mesures anti-juives de l'occupant. Il n'est pas encore question d'extermination systématique. Mais cela change en 1942. On installe un camp de rassemblement dans la caserne Dossin, à Malines, d'où les juifs sont convoyés vers Auschwitz. Breendonk devient petit à petit une prison pour les délinquants politiques et les résistants, un camp de transit, dans lequel on reste en moyenne 3 mois avant d'être déporté vers les camps de concentration d'Allemagne, d'Autriche et de Pologne.

Discours, chants, fleurs

Ce samedi 4 septembre, le traditionnel pèlerinage de Breendonk - qui a normalement lieu le dernier dimanche d'août - prendra une ampleur toute particulière en raison du 60e anniversaire de la libération. Le roi Albert II est attendu à 11 heures sur le site où un bon millier de personnes (ex-détenus du camp, anciens combattants...) auront pris place dans les tribunes dressées par la Défense nationale. Dont 272 jeunes, issus des trois Communautés, pour symboliser les 272 morts de Breendonk et garder vivante leur mémoire. Le Roi allumera la flamme du souvenir en présence des autorités et des associations patriotiques.

Le président du Mémorial national du Fort de Breendonk, le président de l'Association nationale des rescapés de Breendonk, des représentants des mouvements de jeunesse et le ministre de la Défense prendront ensuite la parole. Les présidents de la Chambre, Herman De Croo (VLD), et du Sénat, Anne-Marie Lizin (PS), participeront à l'hommage à ceux qui ont payé de leur vie pour libérer la Belgique. Discours, chants, dépôt de gerbes à l'enclos des fusillés... : la cérémonie devrait durer une heure et demie.

© La Libre Belgique 2004