Belgique

C’est, de mémoire de policier, la première fois depuis la création de la police intégrée à deux niveaux, il y a 17 ans, que le ministre de l’Intérieur fait appel à toute la "capacité hypothéquée" de la police.

Cette possibilité de faire appel à la capacité hypothéquée est inscrite dans la loi sur la police. Elle permet ainsi au ministre de l’Intérieur de convoquer toutes les forces vives - polices locales et police fédérale - qu’il estime nécessaires jusqu’à un certain niveau. Pour les polices locales, chacune des zones s’engage à pouvoir fournir en capacité hypothéquée l’équivalent en heures de 10 % de son personnel. C’est cela qu’a fait mardi le ministre de l’Intérieur et plutôt que de fixer un nombre d’heures, il a parlé de "toutes les capacité libres".

"C’est la première fois que cela se passe. On peut comprendre pourquoi", rapporte un policier chevronné.

Pas question toutefois pour ces forces de police de toutes converger vers Bruxelles ou vers un endroit particulièrement exposé.

Elles sont mises à disposition du DAO, le service opérationnel de la police fédérale chargé de coordonner la mise en œuvre de toutes ces forces policières. Les policiers disséminés un peu partout en Belgique sont donc en stand-by, susceptibles d’être appelés à un moment précis pour une mission.

La menace au niveau 4

Le DAO exécute les ordres du ministre de l’Intérieur, lui-même conseillé par le Centre de crise et aiguillé par le Conseil national de sécurité.

Le Centre de crise est un organe composé d’experts, qui est chargé d’élaborer les plans d’urgence (affectation des forces de la police fédérale, etc.). Il agit sur la base d’informations qui lui auront été livrées par l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace, mieux connu sous son acronyme Ocam. Ce dernier, composé lui aussi de spécialistes, établit le degré de la menace sur la base de données recueillies par les services de renseignement. Mardi, l’Ocam a relevé le niveau de la menace au niveau 4, le niveau le plus élevé, pour l’ensemble du pays.

C’est également sur la base de l’analyse de l’Ocam que le Conseil national de sécurité fixe les mesures à prendre en cas de menaces importantes. Il a été créé après les attentats de "Charlie Hebdo" et réunit tant le monde politique que les hauts responsables des forces de sécurité en Belgique.

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