Belgique

Les syndicats ont rappelé mardi leur opposition au projet de loi permettant l'organisation d'un service minimum à la SNCB. Le texte, porté par le ministre de la Mobilité François Bellot (MR), a été adopté en deuxième lecture en début d'après-midi par la commission de l'Infrastructure de la Chambre. "Nous avons toujours exprimé notre opposition à ce projet", indique Marianne Lerouge, responsable du secteur chemins de fer à la CSC-Transcom. "Cela n'apportera aucune solution aux problèmes que connaissent les voyageurs." Selon elle, "le service minimum se transformera en chaos maximum et la sécurité ne sera pas garantie. Quel voyageur pourra partir? Qui aura droit à un train et qui n'en aura pas? La relation entre le voyageur et son employeur va également changer puisqu'il sera forcément contraint de rejoindre son lieu de travail coûte que coûte, avec le risque de voir des trains saturés. Que les personnes qui ont voté cela en assument à présent les conséquences", conclut-elle.

"C'est un projet de loi qui est très très dangereux pour la sécurité des usagers", renchérit Michel Abdissi, président national de la CGSP-Cheminots. "Si nous n'avez que quelques trains qui effectuent, par exemple, le trajet Namur-Bruxelles, le risque de ne pas pouvoir monter à Ottignies existe. On assistera à des bousculades et des voyageurs pourraient tomber sur les voies."

"De plus, ce projet, qui n'aidera pas à améliorer le dialogue social, est en violation avec la charte sociale européenne et les règlementations de l'Organisation internationale du travail", ajoute M. Abdissi. "Le dossier est entre les mains de nos juristes et nous allons contester cette loi sur le plan juridique. Au lieu d'ouvrir un dialogue social de qualité, le gouvernement s'enferme par pure idéologie dans ce système."

Selon le président de la CGSP-cheminots, on risque également d'assister à une augmentation du nombre de jours de grève. "En France, le nombre d'actions a été multiplié par trois depuis l'instauration d'un tel service minimum."

Selon le projet de loi, les travailleurs sont tenus de signaler 72 heures avant la grève s'ils participent à l'action, lorsque celle-ci ne dépasse pas 24 heures. Au-delà de 24 heures, les circonstances peuvent évoluer. Celui qui s'était signalé non gréviste peut changer d'avis s'il prévient 72 heures à l'avance. Celui qui s'était déclaré en grève mais souhaite reprendre le travail à un moment donné reçoit la possibilité de se signaler à la direction dans les 48 heures.