Belgique

Dominique Demoulin, pour son premier débat en remplacement de Pascal Vrebos, recevait ses invités sur le thème de la voiture. Objet de désir, problème de mobilité ou encore taxes des voitures de société, voilà les thèmes abordés ce midi.

Si la FEBIAC, la fédération du secteur, estime que la voiture fait toujours rêver, le son de cloche n'est pas le même du côté des associations de défenses de l'environnement. Pierre Courbe, chargé de mission auprès du service mobilité à la Fédération Inter-Environnement Wallonie déclare: " C'est un défi: la voiture n'est qu'un outil de mobilité. Une voiture c'est 1300kg de haute technologie pour transporter, en moyenne une personne."

Mais à la question, pourriez-vous vous passer de votre voiture? Tous se mettent d'accord: non. Pour le ministre écolo Philippe Henry, la question est d'avoir une meilleure mobilité et des voitures moins polluantes: "On ne doit pas nécessairement se priver de voiture mais on doit combiner les moyens de mobilité. Il faut du co-voiturage etc.."

Y a t-il des alternatives crédibles?

Trains peu ponctuels, bus souvent en grève, prix des billets qui augmentent... Les pouvoirs publics offrent-ils de réelles alternatives aux citoyens? Sur ce point, tous les intervenants au débat de ce dimanche midi étaient, là aussi d'accord, il y a encore un long chemin à parcourir.

Asphyxie du trafic routier, volonté politique?

Il est de plus en plus difficile de se rendre à Bruxelles et dans d'autres grandes villes au moment des heures d'affluence. Cette asphyxie annoncée serait-elle une volonté politique? Est-ce une stratégie du gouvernement pour que les citoyens prennent d'autres moyens de déplacement?

C'est en tout cas la question que se pose la FEBIAC. Joost Kaesemans, porte parole de la fédération: « Les plans d'aménagement de Bruxelles ne laissent même pas la place aux voitures électriques. Dans les grandes villes on commence tous au même endroit, au même moment, ne serait il pas temps de changer cela? »

Pour Carlo Di Antonio, le ministre wallon des travaux publics, la volonté est bien là mais le budget ne suit pas: "Un tiers de nos autoroutes sont utilisées par des poids lourds. Il faut réfléchir à un moyen de ramener ce type de transport vers le chemin de fer ou les voies d'eau."

Investir sur la route, un bon choix?

Carlo Di Antonio l'assure, les 500 millions d'euros prévus pour les routes cette année seront surtout utilisés à la réhabilitation et à la réparation de certaines voiries.

Mais Inter-environnement estime de son côté que nous sommes dans une optique du "tout à la voiture": "C'est pour cela que le gouvernement continue d'investir dans des projets routiers plutôt que dans des moyens alternatifs", ajoute Pierre Courbe. Le ministre wallon de l'environnement dit comprendre les investissements mais, selon lui, il y a des choix à faire:"Il y a des vrais choix a faire. On ne peut pas se permettre de n'avoir aucun investissement sur la route mais il y a des choix à faire. Le gouvernement semble vouloir diminuer le budget du rail, c'est inquiétant!", déclare-t-il.

Plus de cadeaux pour les automobilistes La Febiac ne semble pas surprise de l'arrêt des primes et autres incitants: " On savait que cela allait disparaitre un jour. A la fin on était trop généreux puisque les normes belges en matières de pollution n'avait pas changé alors que la technologie oui. Ca ne devrait pas changer le marché. Le belge a acheté différemment et les belges sont désormais habitué à penser à l'écologie en achetant leur voiture. Par contre, le gouvernement devrait prévoir des incitants pour les voitures électriques", ajoute Joost Kaesemans. "Il faut donner le signal de choisir la voiture la moins polluantes possible. La machine est enclenchée. Mais l'argent public ne peut pas toujours se tourner vers les même économies... Il est temps d'investir ailleurs. C'est beaucoup plus embêtant que l'on supprime les primes à l'isolation. La région wallonne continue elle d'apporter ses primes mais ne peut pas supporter le manque du fédéral", déclare Philippe Henry.

Une « nouvelle » taxe de mise en circulation

Il semble clair que le gouvernement doit adapter ses mesures de rejets de CO2 au nouvelles voitures. Le fait par exemple de laisser le calcul de la taxe de mise en circulation sur le nombre de chevaux d'une voiture est ridicule, estime Inter-Environnement: "Ce n'est pas représentatif de la réelle émission du véhicule. Il faut calculer les émissions et non pas les chevaux."

Et apparemment, cette idée est celle prévue par le gouvernement wallon. Selon Philippe Henry, dans deux ans, les trois régions se mettront d'accord pour moduler cette taxe et l'adapter au rejet réel de CO2 de la voiture.

Enfin, en ce qui concerne la nouvelle taxation des voitures de société, la Febiac estime que celle-ci est encore très floue et ne permets pas, ni aux employeurs, ni aux employés de savoir ce qu'ils vont exactement payer.