Belgique

L'armée est prête à poursuivre ses patrouilles dans les grandes villes belges “aussi longtemps que le gouvernement le demande”. C’est la promesse que fait l’État-major alors que “des centaines de soldats” sont encore déployés à Bruxelles, Anvers, Liège, Charleroi et Verviers dans le cadre des mesures antiterroristes.

L’année 2015 fut un cru particulier puisque le nombre de soldats déployés en Belgique est largement supérieur aux effectifs à l’étranger. Près de 9 000 soldats ont patrouillé dans le pays, avec des blindés parfois, sur un total de 12 000 militaires en opérations.

Le déploiement a débuté après les attentats de Charlie-Hebdo, le 7 janvier, et se poursuit encore maintenant. Vu la charge que cela impose à la composante terre (85 %), la composante aérienne a “injecté du personnel” à Charleroi et pour la protection de l’aéroport de Gosselies.

Le déploiement a un coût budgétaire (18 millions d’euros/an) mais aussi social, puisque bon nombre de soldats “ont été déployés sur le territoire national pendant quatre mois, sans être près de leur famille”, a indiqué jeudi à la presse le capitaine de frégate Guy Schotte, responsable des opérations à l’État-major de la Défense. “On ne peut pas demander à un marin ou à un docteur” de patrouiller en rue, a-t-il dit.

Des SDF et réfugiés dans les casernes

L’armée belge a fait aussi de l’humanitaire. Elle a hébergé dans ses casernes 1 240 SDF durant l’hiver 2014-15 et accueilli près de 4 000 réfugiés. Ses logisticiens ont aussi monté des centres d’accueil de Fedasil. Toujours sur le territoire belge, le nouvel hélicoptère NH-90 est intervenu une dizaine de fois, principalement pour transporter des blessés ou chercher des disparus en mer.

Cette même mer du Nord a vu pour la première fois depuis la fin de la guerre froide passer des navires russes et un sous-marin. Celui-ci a été escorté par la marine belge, dans les eaux internationales avant d’être “remis”' à la marine française. “Sur le pont se trouvaient deux marins russes qui donnaient des ordres. Nous les voyions, ils nous voyaient. Nous nous sommes salués”, a expliqué à l’hebdomadaire Knack le capitaine de vaisseau Carl Gillis. Arrivé en Méditerranée, le sous-marin aurait tiré des missiles de croisière vers la Syrie en décembre.

Enfin, les radars belges ont localisé sept avions l’an dernier, dont un a été intercepté. “Ce sont généralement des avions civils qui n’ont pas activé leur radar au bon moment, ce qui cause un danger pour l’espace aérien”, explique le colonel Bart Hubrechtsen.