Belgique La première phase des travaux de construction de la mégaprison a débuté lundi.

La "zone à défendre" (ZAD) du Keelbeek à Haren a été évacuée lundi dès 6 heures du matin par la police locale. Les constructions et habitations de fortune ont été démolies et brulées par les forces de l’ordre. Trois opposants étaient présents sur les lieux mais n’ont pas été arrêtés. Le reste du collectif "Keelbeek Libre", opposé au projet fédéral, a été mis à distance par la police. Les forces de l’ordre précisent qu’il n’y a cependant eu ni interpellation, ni incident.

La ZAD avait été installée sur le site où sera construit un nouveau "méga-complexe pénitentiaire", qui s’étendra sur un site de 18 hectares. L’établissement doit remplacer les prisons vétustes et surpeuplées de Saint-Gilles, Forest et Berkendael. Ce "village pénitentiaire" pourra accueillir 1 190 détenus au total.

Le collectif "Keelbeek libre" craint un gâchis écologique pour la faune et la flore présentes sur les 18 hectares de terre fertile bientôt bétonnés.

Réactions politiques

Dans la journée, Ecolo s’est dit interpellé. Le ministre Jambon (N-VA), ayant la tutelle sur la Régie des bâtiments qui pilote le projet, s’était engagé à ne pas commencer les travaux tant que tous les recours juridiques contre les travaux de construction n’étaient pas épuisés. Or le chantier a débuté lundi.

"Pourquoi le ministre Jambon ordonne-t-il aujourd’hui l’évacuation du terrain en vue de commencer la construction alors que la décision de justice n’a pas encore été rendue ? s’interroge le député fédéral Ecolo Gilles Vanden Burre. Le ministre revient-il sur ses engagements précédents et ses déclarations de juin dernier ?"

Par ailleurs, l’opacité autour du contrat avec le consortium Cafasso reste totale. "Le 19 juin, poursuit Gilles Vanden Burre, le ministre Jambon nous confirme en commission qu’il n’y a pas de contrat. Or la Régie des bâtiments publie le 18 juillet un communiqué annonçant ‘la désignation à titre définitif’ de Cafasso pour l’exécution des travaux…"

Le député fédéral interpellera le ministre Jambon sur la mise en œuvre des travaux et le respect de ses engagements. Il adressera également un courrier à la commission des Finances afin que le contrat lié à Cafasso soit rendu public.

Si le projet est mené à son terme, le chantier devrait durer jusqu’en 2022.