Prisons: "Il faut développer les points forts des détenus"

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Belgique

Hans Meurisse, directeur général des établissements pénitentiaires belges, a plaidé mercredi pour "un revirement culturel" et "un changement dans la gestion du détenu et de sa détention", dans un discours à Bruxelles lors de la Conférence des Directeurs d'administration pénitentiaire, organisée par le Conseil de l'Europe. Il y a en Belgique, selon lui, une forte tendance à se focaliser sur les aspects négatifs. "La gestion du détenu est basée sur des risques et l'analyse de son dossier sur ce qui ne va pas. Nous envisageons la réinsertion sous l'angle des erreurs commises par le détenu dans le passé. Nous travaillons principalement dans le passé."

"Il existe pourtant une autre approche plus positive. Nous pouvons aussi nous focaliser sur l'avenir et développer les points forts des détenus. Nous pouvons travailler de manière constructive avec eux, travailler sur leur estime de soi, leur faire confiance et leur donner des possibilités de réussir. Cela implique un revirement culturel et un changement dans la façon de gérer le détenu et sa détention."

Concernant ces changements et le fait de se tourner vers l'avenir, la Belgique se situe "entre les deux". "Nous sommes confrontés à l'héritage du passé et aux obstacles qui en découlent. Je parle surtout de la surpopulation et de la qualité des infrastructures, mais aussi de l'héritage culturel et de l'obsession du 'risque zéro', qui est un frein aux nouvelles initiatives."

Hans Meurisse voit cependant des opportunités se dresser, notamment "dans l'utilisation des nouvelles technologies". Selon lui, ces changements n'en sont qu'à un stade initial, avec par exemple la nouvelle prison à Haren, dont l'ouverture en "2016-2017" constituera "un tournant".

La 18e Conférence des Directeurs d'administration pénitentiaire (CDAP) se clôture vendredi.

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