Belgique

Le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), a accusé jeudi à la Chambre la N-VA et l'Open Vld d'avoir manqué à la solidarité au sein du gouvernement en mettant en cause une circulaire prise pour réduire la surpopulation carcérale. A la suite du meurtre d'une infirmière de la prison d'Anvers, les députées Sophie De Wit (N-VA) et Carina Van Cauter (Open Vld) ont dénoncé les effets de cette circulaire. Elles ont répété leurs critiques en séance plénière de la Chambre lors des questions d'actualité.

La circulaire prévoit de réduire le séjour en prison en cas de peines inférieures à trois ans et facilite le congé pénitentiaire étendu (soit une semaine d'incarcération et une semaine à l'extérieur) pour certains prisonniers.

"J'ai des difficultés face à certains partis de la majorité qui s'en prennent au ministre alors qu'il a les mains liées derrière le dos", a lancé M. Geens, d'ordinaire flegmatique.

Pour faire face à la surpopulation carcérale et maintenir le chiffre d'environ 10.000 personnes détenues, le ministre avait fait certaines propositions à ses partenaires de gouvernement, liées à la détention préventive, mais ceux-ci n'en ont pas voulu. Parallèlement, il devait mettre fin à la solution trouvée en 2010 de louer des places dans la prison de Tilburg (sud des Pays-Bas).

La circulaire dont il est question a donc fait l'objet d'un compromis politique, a-t-il rappelé, et "tout le gouvernement s'était engagé à le défendre".

Un nouveau Code d'instruction criminelle est attendu. Dans ce cadre, les condamnés à moins de trois ans de prison seront soumis au tribunal d'application des peines (TAP) et donc à un suivi plus strict. Mais pour mettre en oeuvre les nouvelles mesures, le ministre doit disposer d'une capacité suffisante. Or, c'est là que le bât blesse, à l'entendre. La construction des prisons de Haren et de Termonde a pris du retard. Il incombe à la Régie des bâtiments, placée sous la tutelle du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), de mener ces chantiers à bien.

"Nous n'avons pas convenu de gérer la surpopulation carcérale en libérant des criminels. Je comprends que vous soyez également fâché mais sommes des élus du peuple et nous ne sommes pas là pour nous taire", a répondu Mme Van Cauter.