Belgique

Ce lundi, Vincent De Bruycker et Denis Nikolovska ont fait face au jury de la cour d’assises de Bruxelles. Ils sont accusés d’avoir assassiné Xhuliano Brahimllari en juin 2015. Mais sont-ils auteurs ou co-auteurs du crime ?

Xhuliano et Vincent De Bruycker, 22 et 21 ans, entretenaient alors une plantation de haschich dans un appartement de Koekelberg, aidés par Denis Nikolovska, le meilleur ami de Vincent De Bruycker. Le 7 juin, Xhuliano reçoit un coup de machette dans la gorge et se vide de son sang. Il est ensuite démembré et éparpillé entre Jette et Dilbeek. Vincent et Denis ont avoué leur participation, mais se rejettent l’un sur l’autre, la responsabilité de l’acte fatal.

La présidente de la cour, Karin Gérard a interrogé, l’après-midi durant, les deux accusés. Face à leurs déclarations en miroir, le ton de sa voix est devenu de plus en plus sec. Ce qui n’a pas rassuré Me Pierre Chomé, l’avocat de Denis Nikolovska. "A se renvoyer la balle ainsi, ils jouent le jeu de la présidente et des jurés. Qui n’ont plus qu’à les regarder se charger l’un l’autre."

Comment n’ont-ils pas prévu ?

Une affaire facile pour autant ? Certainement pas. A la barre, les deux hommes n’ont pas dévié d’un iota. L’un répondait mécaniquement, l’autre, d’une voix étouffée presque effrayée.

Chacun a pu s’étonner de voir le jeune De Bruycker distant et froid au cours de l’interrogatoire - le signe d’un "garçon hors de la réalité, suiveur, fragile" pour son avocat Me De Quevy. La présidente n’a cessé d’insister, incrédule, sur le rocambolesque de l’histoire. Vincent De Bruycker prétend aujourd’hui que son ami avait prémédité le meurtre. Mais pourquoi ne s’était-il pas inquiété de le voir en possession des armes et du matériel dont il aurait besoin pour un assassinat, s’interroge la juge.

Même question et même incrédulité face à Denis Nikolovska, qui soutient à son tour que son coaccusé avait prévu le meurtre et qu’il lui en avait parlé. Pour unique réponse, tous les deux assurent n’avoir pas pris au sérieux les menaces de l’autre. Et Mme Gérard de finalement se demander s’il était possible de réaliser ce meurtre seul.

Détail après détail, les carapaces qu’ils ont forgées résistent à la présidente. Démêler le vrai du faux semblait compliqué lundi. La suite du procès donnera la parole aux enquêteurs et experts, qui, peut-être, éclaireront les membres du jury.