Belgique

La prévenue Jeannine V. a expliqué, lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, que le but des annonces de "postes à pourvoir" au sein l'Eglise de scientologie était de parvenir à l'"église idéale", qui implique une augmentation du nombre de membres actifs. 

Jeannine V., ancienne directrice de l'Eglise de scientologie de Belgique, est prévenue pour avoir publié de fausses offres d'emploi en 2007 et 2008. Dans ce procès, l'Eglise de scientologie Europe, celle de Belgique et onze de ses membres doivent répondre aussi de pratique illégale de la médecine, d'escroqueries et d'organisation criminelle. "En 2005, il nous avait été dit que l'Eglise de scientologie de Belgique devait tendre plus vers l'église idéale", a expliqué la prévenue. Celle-ci a confirmé, sur question du président du tribunal Yves Régimont, que ce principe, valorisé par les dirigeants de l'Eglise au niveau mondial, impliquait une augmentation des membres actifs de l'Eglise de scientologie en Belgique.

"C'est pas le monde à l'envers? ", a interrogé le président. "Je suis surpris que la démarche ait été faite dans ce sens-là", a-t-il dit.

La prévenue, ainsi qu'une autre membre de l'Eglise et l'ASBL Eglise de scientologie Belgique elle-même, doivent répondre de faux en écriture et usage de faux concernant des offres d'emploi et des déclarations d'adhésion entre autres.

Il est question d'annonces de propositions de travail, publiées en juillet 2007 et en février 2008, dans les journaux toutes-boîtes Vlan et Passe-Partout.

Il est reproché aux trois prévenus de ne pas avoir mentionné que le travail n'était pas rémunéré mais qu'il s'agissait de bénévolat avec défraiement, et donc de ne pas avoir précisé que ce n'était pas un contrat de travail mais une déclaration d'adhésion comme membre de l'Eglise.

Par ailleurs, au cours de cette dernière audience d'interrogatoire des prévenus, le président Yves Régimont s'est dit surpris des nombreuses remarques formulées à son encontre par la défense. "Le premier jour, on m'a reproché de poser des questions trop générales, le deuxième jour on m'a reproché de poser des questions qui n'avaient rien à voir avec le dossier et aujourd'hui on me dit quelles questions je dois poser. Je n'ai jamais connu ça en cinq ans, sauf à ce procès", a-t-il fustigé.

Celui-ci se poursuivra seulement le 24 novembre prochain. Le procureur fédéral Christophe Caliman étant souffrant, il ne pourra pas présenter son réquisitoire comme prévu cette semaine. Le parquet étant un et indivisible, c'est le procureur Jean-Pascal Thoreau qui a représenté l'accusation lundi à l'audience.

Le réquisitoire aura ainsi lieu le 24 novembre et les plaidoiries de la défense débuteront le 30 novembre, jusqu'au 11 décembre.