Belgique

Le procès de Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier a connu un premier rebondissement mercredi en début d'après-midi devant la cour d'assises de Liège. Jérémy Wintgens, qui niait encore en début de procès avoir porté des coups à Ihsane Jarfi, a formulé des aveux. Il a reconnu avoir porté des coups, sans raison valable, à Ihsane Jarfi. Après avoir consacré plus de deux journées aux interrogatoires des quatre prévenus, la cour a permis mercredi aux jurés et aux avocats des différentes parties de poser des questions aux accusés sur les faits qui leur sont reprochés. C'est lors des questions soulevées par son propre avocat, Me Gilissen, que Jérémy Wintgens a choisi de formuler des aveux.

Au second jour du procès, lors de son interrogatoire par le président Philippe Gorlé, cet accusé avait nié avoir porté des coups de poing à Ihsane Jarfi. Il se disait donc éloigné des faits qui ont causé sa mort. Mais Jérémy Wintgens a changé sa version et a formulé des aveux. "Je ne peux pas garder cela pour moi. J'ai effectivement donné deux coups de poing à Ihsane Jarfi dans la voiture. Lekeu n'a pas tort quand il me dénonce. On a frappé Ihsane Jarfi parce qu'il a fait des propositions homosexuelles. Je n'ai rien contre les homosexuels. Eric Parmentier, qui voulait lui donner une leçon, a frappé en premier. J'ai frappé en second, d'initiative et sans aucun motif valable. Cela s'est déroulé dans un effet de groupe. Je suis vraiment désolé d'avoir fait cela", a révélé l'accusé.

"J'ai laissé faire, sans rien dire"

Jérémy Wintgens a affirmé ensuite qu'il se souvient d'une soirée qui s'est terminée de manière horrible. "On a tous suivis le même mouvement. J'ai laissé faire, sans rien dire et sans rien faire pour m'y opposer. Cela a été trop loin. C'était une horrible soirée, au terme de laquelle on a laissé Ihsane Jarfi dans un état pitoyable. Je me sens coupable de n'avoir rien fait pour arrêter tout cela."

Au cours de cette troisième journée de procès, différentes questions avaient été posées par les avocats des parties civiles pour tenter de savoir si les accusés ont voulu retourner sur le lieu des faits afin de faire disparaître le corps de la victime et d'éventuelles traces permettant d'identifier les auteurs des faits. Jérémy Wintgens a finalement confirmé que cette idée a bien été formulée.

"Alors que nous nous rendions à Maastricht quelques jours après les faits, nous avons évoqué l'idée de retourner à Tinlot pour brûler le cadavre d'Ihsane Jarfi. J'ai moi-même pensé à cette éventualité mais je n'y suis pas allé. Parmentier insistait pour retourner sur place. Seul lui savait dans quel état exact Ihsane Jarfi avait été laissé sur place. De mon côté, j'ai su quelques jours plus tard en consultant Facebook qu'il était trop tard", a-t-il encore précisé.