Belgique

Les avocats de certains prévenus poursuivis devant le tribunal correctionnel de Liège dans le cadre des faits de corruption qui se seraient déroulés lors de la construction de l'incinérateur à Herstal ont dénoncé mardi une enquête qui aurait été réalisée exclusivement à charge. 

Ils ont réclamé la jonction du dossier qui avait permis à Alain Mathot de bénéficier de son immunité parlementaire. Quinze personnes physiques et sept sociétés sont poursuivies dans le cadre du procès pour corruption qui aurait eu lieu dans le cadre de la construction de l'incinérateur Uvelia à Herstal. Le nom d'Alain Mathot, cité lors de l'enquête car accusé d'avoir été le bénéficiaire de pots-de-vin, a été volontairement omis de la citation rédigée par le parquet et par le substitut De Smedt. La commission des poursuites de la Chambre des représentants n'avait pas autorisé la levée de son immunité parlementaire. Les poursuites à son égard sont temporairement suspendues.

Les avocats de certains prévenus aimeraient que le dossier de la Chambre soit joint à la procédure examinée par le tribunal. "Car les conclusions sont cinglantes: le dossier a été instruit exclusivement à charge par le juge d'instruction. Cette instruction a été réalisée à des dates choisies sur le plan politique", a relevé Me François Dubois.

Selon certains avocats, le procès ne serait pas équitable. Le parquet estime pour sa part que le procès peut se poursuivre. Le substitut a rappelé que la commission des poursuites s'était fondée, pour prononcer sa décision, sur les pièces fournies par Alain Mathot. Ces pièces ne lui avaient pas été soumises dans un débat contradictoire. Le parquet estime que le tribunal dispose de suffisamment d'éléments pour juger le dossier.

Un jugement sur ce point sera prononcé le 19 décembre.