Belgique

La question de l'intention homicide était au cœur des plaidoiries et réquisitoire formulés lundi dans le cadre du procès de Jérémy Pierson, poursuivi devant les assises du Luxembourg pour l'enlèvement, la séquestration, le viol et l'assassinat de la jeune Béatrice Berlaimont. Avocats de la partie civile et ministère public ont insisté sur la distinction entre homicide involontaire et meurtre. Objectif: démontrer l'intention d'homicide dans le chef de Jérémy Pierson. Ce dernier affirme qu'il ne voulait pas tuer Béatrice Berlaimont. Il explique l'avoir retrouvée morte, le 29 novembre 2014, dans le mirador où il l'avait laissée 36 heures plus tôt, entravée, une corde passé autour du cou la reliant à sa prison.

Les constatations médico-légales indiquent en effet que l'adolescente est décédée par strangulation mécanique. Soit par l'intervention d'un tiers placé derrière elle. Soit par pendaison incomplète. Dans les deux cas, avocats de la partie civile et ministère public estiment l'intention homicide établie. "Celui qui, en connaissance de cause, met des moyens qui peuvent entraîner la mort ne peut avoir d'autres intentions que de tuer", souligne l'avocat général, Sarah Pollet. "En attachant Béatrice Berlaimont comme il l'a fait, en lui passant un nœud autour du cou, en la laissant dans cette position du 28 novembre au matin au 29 novembre pendant 36 heures alors qu'elle a froid, qu'elle a faim, qu'elle est fatiguée, affaiblie, tenaillée par la peur et par l'angoisse, la seule conséquence possible de cet acte était sa mort."

Le ministère public retient également la circonstance aggravante de préméditation. "Le nœud complexe réalisé, la manière dont Béatrice a été entravée, ce ne sont pas des gestes anodins. Ils ont nécessité une certaine préparation. Jérémy Pierson a pensé, voulu et préparé son crime. Il l'a prémédité avec la détermination, la froideur et le calme qui le caractérise."

L'avocate de la mère de Béatrice, Me Anne-Catherine Mignon, s'est adressée aux jurés. "Vous savez ce qu'elle a enduré pendant des jours. Vous savez qu'il l'a violée, vous savez qu'il l'a sous-alimentée, qu'il l'a entravée, qu'elle est restée des heures sous la pluie et le vent, affaiblie, à bout de force. Il l'a violée une dernière fois, mais son jouet était cassé. Il fallait s'en débarrasser."