Belgique

L'avocate générale évoque, au sujet de Jérémy Pierson, un homme organisé et méticuleux

Dans une observation formulée jeudi en fin d'audience, l'avocate générale Sarah Pollet a dépeint Jérémy Pierson comme un homme "méticuleux et organisé", très éloigné selon elle de l'image qu'il cherche à renvoyer dans le cadre de son procès devant les assises du Luxembourg pour la séquestration, le viol et le meurtre de la jeune Béatrice Berlaimont. Plusieurs pièces à conviction ont été présentées jeudi à l'audience, à la demande des jurés. Parmi celles-ci, la couette retrouvée sur le corps de Béatrice Berlaimont. Jérémy Pierson affirme que ledit tissu accompagnait Béatrice quand il la séquestrait dans les bois. Un témoin entendu jeudi matin à l'audience assure pourtant avoir vu cette couette sur la banquette arrière lorsqu'il est venu prêter assistance à l'accusé, dont le véhicule était tombé en panne à Allondrelle-la-Malmaison, et ce alors que l'adolescente se trouvait dans les bois, attachée à un arbre.

"Concernant cette couette, on sait avec certitude qu'il n'y en avait qu'une seule", souligne l'avocate générale Sarah Pollet dans une observation formulée en fin d'audience. "Je voudrais rendre les jurés attentifs au peu de crédibilité des déclarations de Jérémy Pierson. L'accusé se présente comme quelqu'un de bienveillant, attentif au confort de Béatrice et qui a toujours pris la peine de l'envelopper d'une couette et de lui procurer des oreillers. Or, ce matin, le témoin était formel quand il affirmait avoir vu la couette sur la banquette arrière."

L'avocate générale ne croit pas non plus aux explications de l'accusé quand il affirme avoir agi sous l'influence de produits stupéfiants, perdu et désorienté. "Les témoins entendus ce matin ont déclaré qu'ils n'avaient pas observé de gestes brusques et désordonnés liés à la consommation de stupéfiants dans le chef de l'accusé. Quand ce dernier explique avoir relevé les banquettes arrières et rangé la voiture pour qu'elle soit plus présentable à l'arrivée des personnes qui venaient le dépanner, c'est là le comportement de quelqu'un de particulièrement méticuleux et organisé."

"On s'est bien dit qu'il avait passé la nuit-là"

Le procès de Jérémy Pierson, accusé devant les assises du Luxembourg pour la séquestration, le viol et le meurtre de Béatrice Berlaimont, s'est poursuivi jeudi avec l'audition de plusieurs témoins.

La cour a notamment entendu les personnes qui se sont arrêtées pour porter assistance à l'accusé, dont le véhicule s'était embourbé à proximité de l'endroit où l'adolescente a été séquestrée plusieurs jours. Alors qu'il se déplace avec Béatrice Berlaimont le 25 novembre à bord d'une voiture volée, Jérémy Pierson tombe en panne dans un champ près d'Allondrelle-la-Malmaison, à la frontière franco-belge. Plusieurs personnes s'arrêteront pour lui venir en aide, Pierson ayant entretemps dissimulé l'adolescente dans les bois puis dans un mirador, où il la séquestre entravée pour ne pas attirer l'attention. Ces différents intervenants ont été entendus jeudi en qualité de témoins.

Le premier arrivé sur les lieux le 27 novembre est un agriculteur de la région contacté la veille. " Le chemin n'était pas du tout praticable ", se souvient l'agriculteur. " Arrivé sur place avec un ami, il nous a semblé anormal que quelqu'un se retrouve là avec une telle auto. Le genre de voiture que je ne pourrais pas me payer. On a pensé à un fils à papa ou à une voiture volée. J'avais bien entendu parler de l'affaire Berlaimont via les réseaux sociaux, mais jamais nous n'avons fait le rapprochement. Il nous a expliqué qu'il venait là pour se retrouver au calme. "

Interrogé par la présidente de la cour d'assises concernant l'attitude de l'accusé, le témoin évoque un homme poli, mais pressé, qui semble chercher les réponses aux questions qu'on lui pose. " Il avait l'air fatigué. Cela pouvait correspondre à une personne qui avait mal dormi ou qui avait fumé. On s'est bien dit qu'il avait passé la nuit-là. " L'agriculteur quitte les lieux après avoir déplacé le véhicule sur le sentier des éoliennes, sans avoir pu le faire démarrer.

Plusieurs personnes s'arrêteront auprès de Jérémy Pierson les jours suivants. " Il avait l'air plus pressé de mettre son GSM en charge que de dépanner sa voiture ", explique un mécanicien arrivé peu de temps après le départ de l'agriculteur. L'homme assure avoir vu une couette sur la banquette arrière. Ce qui contredit les déclarations de l'accusé, qui affirme avoir laissé la couette auprès de Béatrice avec deux oreillers pour la protéger du froid.

Le 29 novembre, un automobiliste charge Pierson pour le déposer à Saint-Mard. "On aurait dit un clodo. Il était dégueulasse, il puait", explique le témoin à la Cour et aux jurés. " Un gars comme ça avec une belle voiture, j'ai trouvé ça un peu bizarre ."

Aux personnes qui s'arrêtent pour l'aider, Jérémy Pierson explique tantôt que la voiture appartient à sa mère, tantôt qu'il vient de l'acheter, tantôt qu'il est chez son grand-père à Ruette. Le véhicule sera pris en charge par la gendarmerie française le 29 en fin de journée. Le corps sans vie de Béatrice Berlaimont sera retrouvé dans les bois de Sesselich le 1er décembre.