Belgique

Fiancées depuis juillet dernier, l'Université catholique de Louvain (UCL) et l'Université Saint-Louis (USL) doivent décider demain/jeudi si elles se passeront l'anneau au doigt, une décision qui chamboulerait l'équilibre du paysage universitaire francophone redessiné en 2013. 

Les deux institutions se prononceront jeudi en soirée, et chacune de leur côté, sur leur projet de fusion qui vise à renforcer leur encrage national et leur rayonnement international.

L'approbation du projet par l'UCL (30.000 étudiants, dont 8.000 à Bruxelles) ne fait aucun pli. Le seul (petit) doute subsiste du côté de Saint-Louis (3.800 étudiants).

En décembre dernier, les deux établissements avaient déjà approuvé une "note-cadre" sur la fusion. Si elle avait été validée à l'unanimité par le conseil d'administration de l'UCL, le projet n'avait recueilli que 65% de votes favorables au sein de l'université bruxelloise.

Jeudi soir, le projet définitif de fusion devra impérativement être soutenu par 16 au moins des 20 membres de l'assemblée générale de l'USL pour être concrétisé.

Voilà près d'un an déjà que les deux universités travaillent à leur fusion, initialement prévue dès la rentrée académique de septembre 2017. Ce calendrier paraît toutefois intenable aujourd'hui.

En effet, si l'UCL et l'USL devaient décider jeudi de se dire 'oui', leur projet devrait encore recevoir l'avis de l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (Ares), l'organe de pilotage de l'enseignement supérieur francophone.

Et les discussions en son sein s'y annoncent d'emblée animées en raison de l'opposition farouche de l'Université libre de Bruxelles (ULB) qui voit d'un très mauvais oeil la poursuite du développement de l'UCL sur son pré carré bruxellois. En réaction, le recteur de l'ULB avait d'ailleurs rapidement formulé l'été dernier une contre-proposition d'adossement à l'USL, restée sans suite.

Les obstacles au mariage des deux universités pourraient aussi être de nature plus politique.

Interrogé à l'une ou l'autre reprises ces derniers mois au Parlement de la Fédération sur ce projet de fusion, le ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt n'est jamais apparu fort enthousiaste, appelant notamment les deux universités à préserver "l'équilibre global" dessiné par le décret Paysage.

Adopté en 2013, celui-ci vise pour mémoire à stimuler les collaborations géographiques entre établissements, et casser ainsi les concurrences sur base confessionnelle.

Le fin mot de l'histoire reviendra au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Toute fusion entre l'UCL et l'USL nécessitera en effet une modification du décret Paysage, et donc l'appui d'une majorité de députés.

En 2010, un méga-projet de fusion entre l'UCL, la Fucam de Mons, Saint-Louis et FUNDP de Namur avait capoté en raison du seul refus de l'université namuroise. Après cet échec, l'UCL et la Fucam avaient repris les discussions bilatérales pour fusionner, ce qui s'était produit dès l'année suivante.