Belgique

Un groupe interparlementaire, baptisé "Cancer du sein", vient de voir le jour à l'initiative du sénateur MR François Roelants du Vivier. Ce dernier en assurera la co-présidence aux côtés de la députée Magda De Meyer (sp.a-Spirit). Il déposera vendredi prochain à la Chambre une proposition de loi sur les Cliniques du sein, qui ne sont actuellement soumises à aucun contrôle, a-t-il annoncé vendredi au cours d'une conférence de presse.

Ce groupe entend suivre les traces de la Grande-Bretagne et de l'Italie, deux pays qui ont également mis sur pied des groupes interparlementaires pour mettre les forces en commun autour de la problématique du cancer du sein.

La proposition de loi de M. Roelants du Vivier concerne l'organisation et l'encadrement agréés de Cliniques du sein en Belgique. Selon des études, celles-ci augmenteraient le taux de survie des patientes, a expliqué le docteur Didier Vander Steichel, pour la Fondation contre le cancer.

Il n'existe actuellement aucune réglementation à ce sujet, bien qu'une résolution du Parlement européen datant de juin 2003 recommande l'établissement de règles pour de tels établissements de santé publique.

Le sénateur MR s'est basé sur la proposition de résolution de Magda De Meyer, qui a été prise en considération par la Commission Santé de la Chambre le 13 janvier 2005.

Des études ont prouvé que la prise en charge d'une patiente atteinte d'un cancer du sein nécessitait une approche pluridisciplinaire et/ou une expertise hautement spécialisée. Il ne s'agirait donc pas de créer "deux ou trois centres 'mammouth' pour soigner" les malades, mais des structures plus petites, apportant un suivi de professionnels variés, du diagnostic jusqu'à l' "après cancer", a pour sa part exposé le docteur Birgit Carly, membre de l'Asbl Europa Donna Belgium.

Ces Cliniques du sein devront répondre à certains critères, établis par l'European Society of Mastology (EUSOMA, Société européenne de mastologie): une clinique par 250-300 habitants, soit 40 à 70 établissements de ce type en Belgique, un nombre imposé d'interventions par chirurgien et par an ainsi qu'un chiffre minimal de nouveaux cas annuels par clinique.

L'agrément officiel des pouvoirs publics permettrait également qu'un contrôle de qualité basé sur des critères objectifs soit mené auprès des Cliniques du sein, "pour que chaque patient soit pris en charge de manière équivalente à travers le pays", a indiqué François Roelants du Vivier.

S'il n'est actuellement pas en mesure de chiffrer le coût de la mise en place de ces institutions, il soutient que des économies seront engendrées grâce à une meilleure réorganisation de la médecine du sein.

Par ailleurs, le 7 octobre, le nouveau groupe interparlementaire organisera à la Chambre, en collaboration avec Europa Donna Belgium et la Fondation contre le cancer, un colloque intitulé "Vers une mobilisation par l'action", consacré à cette forme de cancer qui tue plus de 2.500 personnes par an en Belgique. Sept mille nouveaux cas sont par ailleurs diagnostiqués chaque année et, en Europe, une femme reçoit l'annonce de ce diagnostic toutes les 2,5 minutes. Deux pc des cancers du sein surviennent également chez l'homme.

Du 17 au 21 octobre, le groupe "Cancer du sein" participera aussi à la semaine de sensibilisation du cancer du sein au Parlement européen. Dans le futur, il envisage de constituer un réseau européen des groupes parlementaire sur le cancer du sein, ainsi que la mise en place d'une veille interactive sur internet répertoriant toutes les initiatives parlementaires sur le sujet.

Actuellement composé de 54 parlementaires, il est le groupe de travail comportant le plus grand nombre de membres, a assuré M. Roelants du Vivier