Belgique

Les travailleurs du sexe du quartier Alhambra, au centre de Bruxelles, s'en réjouissent: le règlement anti-prostitution adopté en juin 2016 par le conseil communal de Bruxelles a été annulé vendredi, le 9 décembre, par le Conseil d'Etat. Ce règlement prévoyait des sanctions administratives communales (Sac) en cas de racolage pouvant atteindre jusqu'à 350 euros pour les prostitué(e)s mais aussi leurs clients.

Ce dispositif reprenait quasi mot pour mot le contenu du précédent règlement, qui avait déjà été recalé par la Haute juridiction administrative. La Ligue des Droits de l'Homme, Espace P et une travailleuse du sexe du collectif Utopsi (Union des travaille(r)ses du sexe organisé(e)s pour l'indépendance) avaient déposé un recours. Le "nouveau" règlement anti-prostitution d'Yvan Mayeur (PS) vient donc de connaître le même sort.

Pour le Conseil d'Etat, si les communes peuvent prendre des règlements en matière de prostitution, elles ne peuvent pas appliquer de sanctions administratives (Sac) mais doivent demander à la police de dresser des PV ­- la compétence relève des parquets et non des communes.

"Les amendes tombaient et c'était cher. On va enfin pouvoir retravailler normalement dans ce quartier historique de la prostitution, sans avoir la peur au ventre. La chasse aux putes et à leurs clients, c'est terminé", commente Maxime Maes, du collectif Utsopi.

Terminé? En août dernier, Yvan Mayeur avait laissé entendre que si son nouveau règlement ne passait pas la rampe du Conseil d'Etat, il ressortirait un… troisième texte. "A qui rime ce carrousel juridique?", poursuit Maxime Maes. "C'est absurde. Ce règlement ne permet pas de lutter contre la traite ni contre les réseaux. Son seul effet est de mettre les travailleurs du sexe dans une situation encore plus vulnérable."

Il poursuit: "La prostitution ne va pas disparaître. Yvan Mayeur devrait avoir la lucidité de changer de tactique, pour réguler et pas éradiquer la prostitution dans le quartier Alhambra".

Une réunion entre les autorités bruxelloises et les acteurs de terrain est prévue en janvier. "Le mérite d'Yvan Mayeur, c'est de garder le contact. le dialgue est le seul moyen pragmatique pour défendre les intérêts de tous les citoyens, y compris des travailleurs du sexe qui méritent considération et respect".