Belgique

Pendant de longues années, le Cepess fut un rouage majeur de la politique belge. Centre d'études commun au CVP et au PSC, cet organe préparait bien des décisions politiques sur le plan technique. Depuis qu'ils ont retrouvé les bancs de l'opposition après plus de 40 ans au pouvoir, les sociaux-chrétiens se redessinent toutefois un profil marqué sur le terrain communautaire. Avec, pour conséquence, la mort annoncée de cet organe inadapté à l'évolution institutionnelle du pays.

Lundi, le président du CVP a donné du corps à une menace lancée au beau milieu de la tourmente communautaire, lorsque le PSC s'apprêtait à apporter son soutien aux accords de la Saint-Polycarpe. Feu le Cepess! «Le conseil de parti avait déjà décidé en novembre de l'an passé d'aller vers une intégration plus grande du travail des groupes parlementaires et du service d'études», explique Stefaan De Clerck. «Depuis, il est apparu de plus en plus clairement ces derniers mois que la structure existante du Cepess - une ASBL unitaire appartenait tant au CVP qu'au PSC - constitue un obstacle au soutien d'une véritable réflexion de fond.»

Très concrètement, un technicien a été chargé de préparer le terrain. Il s'agit d'Hans D'Hondt, fonctionnaire et, surtout, ancien chef de cabinet d'Herman Van Rompuy, dernier vice-Premier CVP en date. La note qu'il doit rédiger pour la mi-septembre contiendra notamment des pistes pour une nouvelle structure juridique, un organigramme... Bref, la disparition du service commun pourrait aller très vite.

«Nous prenons acte de la volonté du CVP de prendre une certaine distance», réagit-on calmement au PSC. «Il faut reconnaître que, dans les faits, ce centre fonctionne déjà de façon plus ou moins divisée. Il reste quelques passerelles. Le tout sera, à l'avenir, de voir comment on pourra conserver quelques synergies afin de ne pas faire un même travail deux fois. Mais en soi, le processus de séparation est inéluctable.»

S'il ne s'agit pas d'une initiative «maison», les sociaux-chrétiens francophones reconnaissent qu'il est difficile de conserver une structure «unitaire» à l'heure où l'essentiel des études porte sur des sujets communautarisés tels que l'enseignement ou l'environnement par exemple. «Cette évolution du Cepess n'est pas une surprise», précise encore le porte-parole du parti. «Cela fait quelques mois qu'il en est question.» Traduction politique: cette scission n'aurait rien à voir avec les dernières escarmouches communautaires. Et «il y a d'ailleurs une normalisation des relations avec le CVP», tient-on à préciser du côté francophone.

Le Cepess occupe actuellement vingt-deux personnes, dont treize conseillers. Parmi leurs thèmes de prédilection, on trouve notamment... le souci de cohérence entre les niveaux de pouvoir.

© La Libre Belgique 2001