Belgique

Qu’a voulu faire Bénédicte Bayer, jeudi soir, à la toute fin de son audition par la commission d’enquête Publifin/Nethys du parlement wallon ? Elle a affirmé avoir exécuté "un ordre" pour désigner deux administrateurs à Liège Airport sur le quota NEB - une société de la galaxie Publifin - parce que ce n’était pas possible de les nommer sur le quota de la Région wallonne, en raison de critères d’âge ou de cumuls. "C’est clairement la seule fois que j’ai fait cela." Si les députés wallons ont cherché à en savoir plus, la directrice générale de Publifin qui, rappelons-le, a un pied dans l’ensemble des structures du groupe, s’est murée dans le silence. Elle en a trop dit ou pas assez.

Des déclarations qui faisaient suite à une longue journée d’audition pour Mme Bayer. Elle a alors décidé de contre-attaquer à une batterie de questions d’un député CDH qui cherchait à connaître le jeu des pressions internes au management du groupe Publifin. Elle a affirmé que, puisque telle était l’attitude des commissaires, elle aussi pouvait "jouer à ce petit jeu" et dénoncer des pressions politiques qu’elle aurait subies depuis l’extérieur du groupe.

Simonet, Grafé et Happart ?

Selon certaines sources au PS et au CDH, ce sont Marie-Dominique Simonet (députée wallonne et présidente de Liège Airport) et Jean-Pierre Grafé (ancien ministre CDH et administrateur de Liège Airport) qui seraient visés par les déclarations de la Liégeoise. Une autre source précise, par contre, que José Happart (vice-président du CA) serait l’une des deux personnes incriminées.

Marie-Dominique Simonet a réagi dans le courant de la journée de vendredi auprès de la RTBF, en tant que présidente du CA et non en tant que personne visée directement par les propos de Bénédicte Bayer. "Cela semble impossible que des désignations dans des outils stratégiques économiques dans lesquels la Région wallonne prend part se fassent sans aucune discussion. Ce serait bizarre que ce soit sur Mme Bayer, qui n’a finalement aucun pouvoir, qu’il y ait eu des pressions. Cela me semble peu plausible."

Ces dernières années trois ministres, tous CDH, se sont succédé pour la compétence aéroportuaire en Wallonie. André Antoine, entre 2009 et 2014, Carlo Di Antonio, qui récupérera la compétence jusqu’en 2016 et qui la cédera ensuite à René Collin, suite au remaniement ministériel consécutif au départ de Joëlle Milquet du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Il reste à se demander quel est le but poursuivi par Bénédicte Bayer. A-t-elle craqué en fin d’audition où elle se disait "humiliée" ? A-t-elle cherché à jeter la suspicion sur d’autres qu’elle ? Le fait est que ses déclarations, vraies ou fausses - elles devront faire l’objet de précisions - jettent la suspicion sur la majorité PS-CDH actuelle et passée. En ces temps troublés, le monde politique wallon n’avait pas besoin de cela et il devra certainement se justifier.