Belgique

L'opposition PS et - dans une moindre mesure - Ecolo a eu des mots durs mercredi matin en commission du parlement wallon sur le suivi, par le gouvernement wallon, des recommandations de la commission d'enquête Publifin. 

Le cdH, pourtant dans la majorité, a aussi tenu à être associé aux critiques. Le ministre-président Willy Borsus a pour sa part défendu une "détermination méthodique". Interrogé par trois ex-membres de la commission d'enquête, M. Borsus (MR) a détaillé le travail accompli en "seulement cinq mois de gouvernement".

Les décrets "gouvernance" sont passés en deuxième lecture, tandis que le décret "tutelle" nécessite davantage de temps pour assurer sa robustesse juridique et préserver les intérêts stratégiques de la Région, a-t-il expliqué.

"Plus de 60 des 71 recommandations de la commission qui concernent le gouvernement wallon sont en voie de réalisation", a affirmé Willy Borsus.

Celui-ci a rappelé l'échéance de fin janvier, lorsque le groupe Publifin/Nethys devra remettre un second rapport trimestriel sur la mise en œuvre des recommandations, après un premier jugé insuffisant.

Le groupe liégeois sera notamment attendu sur l'exigence d'isoler les recettes du secteur distribution (Resa), stables et plutôt de nature publique, afin qu'elles ne servent plus de "vache à lait" à des politiques industrielles, plus risquées et de nature plutôt privée.

M. Borsus attend aussi des informations "dans les prochaines semaines" de la part du groupe sur son avenir stratégique. "Le statu quo ou une forme de variante ne peut constituer une réponse", a-t-il prévenu. Si le groupe ne prend pas position, il a rappelé l'arrivée prochaine d'outils de tutelle comme l'envoi d'un commissaire spécial, ou l'ouverture de son gouvernement à une opération de portage temporaire pour les Editions de l'Avenir.

Enfin, pour le remboursement des sommes indument perçues par les membres de comités de secteur, Willy Borsus a jugé que la proposition émise par le groupe (283.000 euros à rembourser) semblait "en parfaite concordance" avec le rapport de la commission d'enquête.

Stéphane Hazée (Ecolo) l'a vivement contredit sur ce point. Le rapport de la commission demande de prendre en compte, pour fixer ces remboursements, non seulement les taux de présence effective aux réunions des comités de secteur, mais aussi les prestations lors de ces réunions, ce dont Nethys ne tient pas compte.

Le député s'est inquiété par ailleurs d'un risque d'approbation des comptes de l'intercommunale par la Région, alors que la menace d'une non-approbation sert jusqu'ici de levier de pression sur le groupe pour le faire évoluer.

Sans accuser le gouvernement de traîner, M. Hazée a dit entrevoir au sein de l'exécutif "un sentiment de résignation, voire de soumission, par rapport à cette volonté de Publifin-Nethys de n'en faire qu'à sa tête", comme semblent le démontrer à ses yeux plusieurs nouveaux investissements.

Dimitri Fourny (cdH) a lui aussi pressé le gouvernement d'avancer, notamment sur le décret tutelle qu'il espère voir voté pour l'été.

Mais les mots les plus durs sont venus de Patrick Prévot. Le député socialiste a vu dans l'exposé de M. Borsus "un exercice d'auto-congratulation" et une réticence à "se mouiller".

Le chef du gouvernement wallon a répliqué avec véhémence, dénonçant des propos caricaturaux et la passivité du PS durant plusieurs années à l'égard de Tecteo-Publifin, ce sur quoi M. Prévot a rappelé le travail des précédents ministre-président et ministre des Pouvoirs locaux, Paul Magnette et Pierre-Yves Dermagne.

Willy Borsus a réaffirmé sa détermination à avancer, mais aussi sa "prudence" dans l'élaboration des nouveaux décrets, pour ne pas prêter le flanc à une contre-attaque juridique du groupe.