Belgique

Si, depuis ce mardi soir, vous voyez briller des bougies aux fenêtres et à l’intérieur des maisons, observez bien : il s’agit sans doute de la célébration de la fête de Hanoucca (Hanoukka ou Hanouka), qui est la fête des lumières dans la tradition juive.

Célébrée chaque année durant huit jours au mois de décembre, à partir du 25 kislev selon le calendrier lunaire juif (le 13 décembre cette année), elle est marquée par l’allumage chaque soir, "à l’heure de la sortie des étoiles", et sous de nombreux chants, d’une bougie supplémentaire du chandelier à neuf branches (la hanoukkia en hébreu). Depuis quelques décennies, sans doute sous la pression de Noël, elle est également fêtée par la distribution de cadeaux dans de nombreuses familles juives.

La fête de la Hanoucca, célébration de la lutte spirituelle d’un peuple, commémore un récit historique, celui des Maccabées qui, vers 175 avant Jésus-Christ, se soulevèrent contre les Grecs qui tenaient Israël et souhaitaient lui imposer sa religion polythéiste.

Après trois années de résistance, mené par le grand prêtre Matthatias puis par Juda Maccabée, un petit groupe de Juifs put déloger l’armée grecque, reprendre le Temple de Jérusalem, et le ré-inaugurer (hanoucca signifie inauguration) pour le rendre au culte juif.

Un récit écrit quelques siècles plus tard relate que l’armée de Juda Maccabée, à la suite de la bataille, put retrouver une fiole d’huile, indispensable pour allumer la Menora, le chandelier à sept branches du Temple. Alors qu’elle ne contenait de l’huile que pour une journée, elle en fournit durant huit jours, temps indispensable pour cueillir, presser des olives et purifier de la nouvelle huile. C’est ce miracle aussi que célèbrent les juifs durant les huit jours de la Hanoucca.

Le sens d’une fête

Plus de deux millénaires après cette célèbre bataille, Hanoucca porte en elle un sens très particulier pour les Juifs qui la célèbrent massivement.

Elle est avant tout la victoire de la liberté religieuse, de la transcendance, et la célébration de la résistance spirituelle et culturelle. C’est aussi une histoire d’hommes et de femmes, rappelle Delphine Szwarcburt dans le magazine Regards du mois de décembre publié par le Centre communautaire laïc juif. Récit de la victoire "d’un petit nombre contre une multitude", Hanoucca "nous fait prendre conscience que chacun peut changer l’histoire avec du courage et de la persévérance", écrit-elle. Hanoucca souligne aussi "le besoin de s’unir, de s’organiser, d’agir, de combattre, d’utiliser toutes les ressources de notre ingéniosité, bref, de prendre notre destin en main." "Le Talmud nous enseigne que seule la lumière ne diminue pas quand on la divise, au contraire, elle augmente", conclut Delphine Szwarcburt alors que comme dans beaucoup d’autres traditions, la lumière et les bougies qui brillent dans la nuit dévoilent le combat du bien contre le mal.