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"Qu'une entité fédérée ait un autre avis, c'est banal"

Pascal Delwit (ULB) s'étonne que l'on trouve incroyable que la Wallonie bloque seule le Ceta. Entretien.

Frédéric Chardon
"Qu'une entité fédérée ait un autre avis, c'est banal"
©Photo News

Pascal Delwit, professeur de science politique à l'ULB, décode la fronde wallonne sur le Ceta. Pour lui, qu'une entité fédérée affiche sa différence, c'est tout à fait normal dans un pays comme la Belgique.

Le Parlement wallon, seul, peut stopper un traité international. N'est-ce pas davantage conforme au confédéralisme qu'au fédéralisme ?

Non. Et, d'ailleurs, aucun Etat fédéral ne se ressemble. Occasionnellement, il y a des majorités spéciales qui sont requises dans des votations en Suisse et il arrive qu'un certain nombre de cantons ne puissent pas faire passer une décision car d'autres cantons en nombre suffisant s'y opposent. Il y a des dynamiques similaires en Allemagne entre le Bundestag (l'assemblée nationale allemande) et le Bundesrat (l'assemblée qui représente les 16 Länder allemands). Dans le droit public belge, suite aux six réformes de l'Etat intervenues depuis 1970, on a considéré que les parlements fédérés étaient partie prenante à la ratification des traités internationaux. Ailleurs, les entités fédérées ne sont pas nécessairement impliquées de la sorte, mais la Belgique n'est pas non plus la seule dans ce cas.

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