Quand le chef du protocole de la ville de Bruxelles arrache le niqab d'une princesse qatarie

J.-C.M. Publié le - Mis à jour le

Belgique

L’ambassade du Qatar à Bruxelles, tout en confirmant qu’il s’est bel et bien passé quelque chose jeudi, n’a pas tenu à réagir à ce qui s’apparente à un incident diplomatique, incident auquel a été mêlé le chef du protocole de la Ville de Bruxelles, Jean-Marie Pire.

Selon "Het Laatste Nieuws", M. Pire s’est, jeudi passé, en dehors des heures de service, adressé de façon peu amène à trois femmes qui se promenaient rue de la Violette, dans le centre de Bruxelles, et lui demandaient, en anglais, le chemin de la Grand-Place.

L’une, au moins, de ses interlocutrices portait le niqab. "J’ai répondu que je ne parlais pas aux gens dont je ne pouvais voir le visage. Par cette réponse, je voulais clairement leur faire comprendre que le port du niqab était interdit en Belgique. Comme mon interlocutrice ne semblait pas m’écouter, je lui ai retiré son voile intégral. Je n’aurais pas dû faire cela, je le reconnais, mais ce qu’elle faisait n’était pas légal non plus."

Ce qu’ignorait M. Pire, qui ne cesse d’accueillir des invités de marque à l’hôtel de ville et a des contacts suivis avec des personnalités comme le roi Philippe et la reine Mathilde, c’est que la personne qu’il avait en face de lui a le rang de princesse au Qatar, même si les liens qu’elle entretient avec la famille royale n’ont pu être établis avec précision.

PV pour l'un et amende pour l'autre

L’intéressée a pris contact avec l’ambassade du Qatar à Bruxelles et déposé plainte. Car l’incident se serait accompagné, selon elle, de quelques gestes violents. Elle affirme, notamment, qu’en lui ôtant son niqab, M. Pire lui aurait arraché ses boucles d’oreilles, lui mettant les oreilles en sang.

Selon certains témoignages, au moment de l’incident, M. Pire était ivre. Il dément catégoriquement. "Il était trois heures de l’après-midi. D’ailleurs, je ne bois jamais."

Toujours est-il que le parquet de Bruxelles confirme qu’un PV a été dressé pour coups et blessures. Mais aussi qu’une amende a été infligée à la princesse qatarie, qui n’avait, en effet, pas le droit de porter un voile intégral.