Belgique

Un prêtre belge, de Tournai, qui était en charge d'une communauté inuit au Canada de 1954 à 1992, a été durant des années l'auteur d'abus sexuels et de violences envers la population locale, selon des témoignages de victimes et de proches de victimes, révélés lors de l'étape québécoise de "l'Enquête nationale sur les femmes et filles autochtones disparues et assassinées". 

Ces récits, synonymes de la "fin d'un mythe" entourant ce missionnaire belge spécialiste des traditions inuites, circulent depuis une semaine environ dans les médias canadiens, anglophones et francophones. 

Le Soir s'en fait l'écho mardi. Alexis Joveneau, de la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée, est décédé en 1992. Il a travaillé pendant des décennies auprès de communautés inuites reculées de la Basse-Côte-Nord, au Québec, jusqu'à sa mort.

La semaine dernière, des membres de ces communautés ont, durant des auditions organisées à Maliotenam dans le cadre de l'Enquête nationale sur les femmes autochtones, témoigné d'attouchements, violences et agressions de la part du prêtre, qui parlait la langue des autochtones locaux.

Le mythe d'Alexis Joveneau, missionnaire du grand Nord, grand spécialiste des traditions inuites, prêtre respecté par les autorités, s'est effondré à la suite de ces auditions. Le missionnaire avait été en 1961 l'organisateur des regroupements des "bandes" de Pakuashipi vers Unamen, vécus comme une "déportation" par les communautés autochtones.

Un autre prêtre belge, Eric Dejaeger, avait déjà été condamné à 19 ans de prison en février 2015 pour le viol de plusieurs enfants inuits au Nunavut.