Belgique

Lundi, plus de 860 000 enfants ont retrouvé les bancs de l’école, dont 485 000 élèves de maternelle et de primaire. D’ici quelques jours, les "choses sérieuses" vont peu à peu reprendre : apprendre, s’exercer, étudier, répondre à des contrôles et faire ses devoirs.

À cette occasion, l’Observatoire de l’enfance, de la jeunesse et de l’aide à la jeunesse a réalisé, en collaboration avec le Service d’analyse des systèmes et des pratiques d’enseignement de l’ULg, une recherche-synthèse sur le thème "Travaux scolaires à domicile : quelle place dans la vie des enfants de l’enseignement primaire ?". Pour ce faire, un travail d’inventaire et de documentation des différentes positions actuelles par rapport aux devoirs a été réalisé. Puis ont été organisées deux réunions de travail, réunissant de nombreux acteurs de l’enseignement.

Première observation : plus de dix ans après la promulgation du décret du 29 mars 2001 visant à réguler les travaux à domicile dans l’enseignement fondamental, force est de constater que les devoirs "renforcent clairement les inégalités entre enfants, pointe l’Observatoire de l’enfance, car ceux-ci requièrent un encadrement et des ressources matérielles auxquels tous les enfants n’ont pas nécessairement accès".

En sondant une vingtaine d’écoles sur leur règlement d’ordre intérieur (ROI), l’Observatoire a, en effet, relevé que certains établissements préconisent des devoirs dès la 1re primaire, et ce, alors que le décret spécifie l’interdiction de travaux à domicile lors de la première étape du continuum pédagogique (1re et 2e primaires). De même, le décret stipule que les parents ne sont pas censés aider leur enfant dans l’accomplissement des devoirs. Or, si certains ROI le précisent, notamment dans des écoles aux indices socio-économiques faibles, "plus l’indice socio-économique est élevé, plus les parents sont sollicités". Par ailleurs, certains parents qui manquent de ressources pour encadrer correctement leur enfant recourront, s’ils en ont les moyens, plus facilement à des cours particuliers tandis que d’autres n’y ont pas accès.

Deuxièmement, entre les heures passées à l’école, les devoirs, les loisirs organisés, "le temps libre laissé aux enfants est restreint".

Sans pour autant plaider la suppression pure et simple des devoirs, l’Observatoire de l’enfance recommande de "repenser le temps scolaire", à savoir "réintégrer le temps des devoirs dans l’école : la journée terminerait plus tard [ ], les activités extrascolaires seraient, par exemple, pensées de 12 à 15 h, ce qui permettrait aux enseignants de consacrer ce temps à la préparation des cours, aux corrections... Les cours reprendraient jusque 17 h. Ce qui permettrait à tous de rentrer chez eux libérés du travail scolaire". Pour l’Observatoire, cette réflexion serait aussi "le moment opportun" pour intégrer dans la réforme de la formation initiale des enseignants la sensibilisation des futurs profs à aider les enfants à adopter une méthode de travail, à accompagner "l’apprendre à apprendre".