Belgique

De Wever veut donc négocier le confédéralisme avec les francophones en 2014 et en discuter sans tarder, juste après les communales. Mais ce scénario est-il un passage obligé ? Non. Car que dit De Wever pour séduire l’électorat flamand ? Que la Belgique, soumise aux diktats du Parti socialiste, s’enfonce dans les déficits et la mauvaise gestion. Vrai, faux ? Une course de vitesse s’est engagée car c’est en 2014 qu’il faudra faire les comptes et dresser le bilan.

La première riposte à Bart De Wever consiste donc tout simplement à appliquer à la lettre le programme du gouvernement fédéral. Les six partis réunis autour d’Elio Di Rupo doivent mener à bien l’assainissement des finances publiques de manière à arriver à l’équilibre budgétaire en 2015. Autre défi : la réduction du nombre de chômeurs grâce au plan de relance.

La deuxième réplique est d’ordre institutionnel. Cet été, les partis flamands (CD&V, SP.A et Open VLD) ont commis une gaffe majeure. Plutôt que de "vendre" la sixième réforme de l’Etat - la plus importante en termes de transferts financiers - et de se réjouir de la scission de BHV, ils ont immédiatement plaidé pour une 7e réforme de l’Etat, donnant ainsi raison à la N-VA. Si l’on veut que Bart De Wever se "dégonfle", sur le plan politique s’entend, il faut donc lui ôter ses principaux arguments, lui qui affirme que la Belgique est mal gérée et bloquée dans ses réformes.

Cela dit, la manière de répondre aux tendances confédéralistes des Flamands, c’est aussi, surtout, d’accélérer le redressement économique de Bruxelles et de la Wallonie. D’ailleurs, ce redressement est indispensable en soi, d’abord pour les citoyens du centre et du sud du pays.