Belgique Le premier militaire à tuer dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian est décrit comme calme et expérimenté, expliquent nos confrères de la DH.

Les trois soldats qui patrouillaient mardi soir à la gare centrale et qui ont abattu le kamikaze Oussama Zariouh font partie du bataillon des Chasseurs ardennais, une unité d’infanterie légère ayant comme base le Camp Roi Albert à Marche-en-Famenne.

La rafale mortelle tirée par l’un des trois militaires est la première intervention armée d’un soldat depuis le déploiement militaire dans les rues des grandes villes du pays en janvier 2015, dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian.

"Ils étaient en train de patrouiller à Bruxelles-Central quand ils ont entendu la première détonation", explique une source militaire. Immédiatement, le trio s’est rendu vers le lieu d’où provenait le bruit, lorsque le kamikaze a surgi devant l’un d’entre eux et a foncé sur lui en criant "Allahu akbar" (NdlR : "Dieu est grand" en arabe). "Là-dessus, le soldat a tiré quelques balles. Comme il était autorisé à le faire", ajoute notre interlocuteur.

Les trois militaires ont ensuite sécurisé les environs immédiats jusqu’à l’arrivée de la police. Comme l’exige la procédure, le soldat tireur a ensuite été entendu par les enquêteurs. Un débriefing devrait être également mené dans les prochains jours au sein de l’armée.

Le Chasseur ardennais qui a tué mardi celui qui voulait commettre un attentat est décrit par ses collègues comme une "personne très calme". Il dispose d’une expérience très importante et a de nombreuses missions à l’étranger à son actif, notamment au Mali et en Afghanistan. Tous ses collègues savaient qu’il était quelqu’un sur qui ils pouvaient compter, nous indique-t-on. Les Chasseurs ardennais forment une unité de combat et donc sont entraînés à réagir dans un délai très court face à une personne menaçante.

Que ce soit sur les réseaux sociaux comme dans les rues, les marques de soutien et les remerciements ont vu le jour ce mercredi matin, et ceux qui se réjouissent de la présence de militaires dans nos rues ont marqué des points ces dernières heures. Reste que dans le cas de mardi, l’attentat n’a pas été déjoué par les soldats, puisqu’il a échoué tout seul.

Comme chaque mois, il reviendra début juillet au Conseil des ministres de se prononcer sur la prolongation de la présence des militaires en rue.

Reste également toujours une polémique : le flou persistant autour des règles d’engagement. Le cas de légitime défense semble ici évident, mais quid pour d’autres situations moins évidentes ? Le rayon d’action des militaires est limité à un travail d’appui des policiers. Sur les règles d’engagement, la Défense ne veut pas en dire plus pour des raisons de sécurité.


Un armement de marque FN 100 % belge et très efficace

En les voyant patrouiller depuis des mois dans les rues avec leurs armes prêtes à l’usage, on ne prête plus guère attention à ce qui sont pourtant des armes qualifiées par les spécialistes de fusils d’assaut. En effet, l’arme de militaires belges, comme celle dont il a été fait usage pour abattre le terroriste de la gare Centrale, est un fusil de type FNC et de calibre 5.56 mm. Il s’agit de l’arme individuelle de tous nos soldats.

C’est un fusil automatique qui a été développé par la FN Herstal. Une arme bien belge donc. Le FNC est l’équivalent du russe Ak-47 (mieux connu sous le nom de son inventeur : kalachnikov) et de l’américain M16. Cette arme permet de tirer très précisément au coup par coup, en rafale de trois coups ou en tir continu. Tous les militaires belges sur le théâtre d’opération sont entraînés à manipuler cette arme avec précision. C’est sans doute ce qui a permis une neutralisation sans difficulté du terroriste. L’arme convient remarquablement bien en cas de tir sur une cible à mi-distance. En cas de contact rapproché avec la cible, nos militaires disposent également d’un pistolet, lui aussi de marque FN, le fameux GP 9 mm qu’ils portent à leur ceinture. Certaines unités disposent aussi du pistolet FN 5.7 beaucoup plus léger et maniable que son grand frère. Bref, un armement 100 % belge et terriblement efficace pour veiller à la sécurité de chaque citoyen.


Du soutien psychologique pour les soldats impliqués

Aussi bien le soldat qui a tiré que ses deux collègues présents avec lui mardi soir, lors de la tentative d’attentat à la gare Centrale, ont été temporairement retirés du service. De cette manière, ils peuvent collaborer plus facilement à l’enquête, ont le temps d’être accompagnés psychologiquement s’ils le souhaitent et peuvent se reposer en famille, nous indique-t-on. "La Défense a prévu de façon proactive des mesures de soutien psychologique pour tous les militaires : les conseillers en opérationnalité mentale, les conseillers moraux et une cellule d’appui psychologique. Ces appuis sont ouverts à quiconque en sent la nécessité. Il n’y a donc pas eu de service particulier mis en place cette semaine. Par ailleurs, un militaire qui le demande peut obtenir un suivi psychologique plus poussé à l’hôpital militaire. Rien n’empêche cependant les militaires de voir des praticiens civils. Nous ne pouvons vous donner d’informations concernant le nombre de militaires ayant consulté ces différents services, car c’est lié d’une part au secret médical et d’autre part cela relève de la sphère privée des intéressés", explique le service presse de la Défense.