Belgique

L'ancien doyen de la faculté de médecine de l'ULB, Yvon Englert, a été élu ce mercredi comme nouveau recteur de l'Université libre de Bruxelles (ULB). M. Englert a été préféré à l'ancien doyen de la faculté des Sciences de l'ULB, François Reniers.

Il a bénéficié de 62% des suffrages exprimés par le corps académique de l'Alma Mater bruxelloise. Le taux de participation a atteint 64%.

M. Englert prendra la succession en septembre prochain de Didier Viviers qui achèvera ainsi son 2e mandat de quatre ans comme recteur de l'ULB. Didier Viviers l'a félicité sur Twitter.



Yvon Englert, un homme aux convictions philosophiques fortes

Elu par les professeurs avec 679 voix contre 414 pour François Reniers, le 66e recteur de l'Université libre de Bruxelles (ULB) Yvon Englert est perçu à travers ses actions comme un homme aux convictions philosophiques fortes.

Né en 1955 et marié à la pédopsychiatre Catherine Marneffe, avec laquelle il a deux garçons, Yvon Englert dirige actuellement le Laboratoire de recherches en reproduction humaine, ainsi que le Service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital Erasme, qu'il a rejoint à la fin des années 80. Il enseigne également la médecine reproductive et l'éthique médicale à l'ULB.

Médecin diplômé de l'ULB avec la plus grande distinction, Yvon Englert est spécialiste en gynécologie-obstétrique, détenteur d'un doctorat de l'ULB et d'un MBA en "Executive Health" de l'École des Hautes Etudes en Santé publique de Rennes.

Doyen de la faculté de médecine de l'ULB (2011-2015) au moment du décret paysage de la Communauté française, du passage des études de médecine de 7 à 6 ans, de de l'introduction du filtre aux études de médecine, il a présidé le Collège des doyens de médecine de la Fédération Wallonie-Bruxelles durant la crise des numéros INAMI.

Il a été activement impliqué dans la réforme de la gouvernance de l'Université. Ses travaux de recherche concernent essentiellement la fertilité humaine, la biologie de la reproduction, les traitements de la stérilité et l'épidémiologie périnatale. Il a publié plus de 200 articles scientifiques, 6 ouvrages comme éditeur et contribué à près de 300 abstracts et communications orales à des congrès.

Engagé au niveau sociétal, Yvon Englert a été initié à la gynécologie obstétrique par Willy Peers et Pierre-Olivier Hubinont, deux grandes figures du combat pour la dépénalisation de l'avortement.

À la fin des années 80, il a fondé le Centre de procréation médicalement assistée de l'ULB puis le Laboratoire de recherches en reproduction humaine dont les recherches furent pionnières dans l'aide à la procréation chez les patient(e)s porteurs du VIH et dans la préservation de la fertilité chez les patientes cancéreuses.

Concerné par la santé publique, il a fondé en 2007 le Centre d'épidémiologie périnatale. Il a ouvert le Cocon, premier gîte de naissance intra-hospitalier belge entièrement géré par les sages-femmes pour les accouchements à bas risque.

Premier président du Comité consultatif de bioéthique de Belgique en 1995, il a siégé comme observateur pour l'Union européenne au Comité directeur pour la bioéthique (CDBI) du Conseil de l'Europe, puis au groupe européen d'éthique auprès du président de la Commission européenne (EGE).

Conseiller à deux reprises auprès des ministres socialistes de la Santé pour les questions d'éthique médicale, il a très activement collaboré aux textes législatifs portant sur le Comité consultatif de bioéthique, la recherche sur l'embryon humain, l'euthanasie, la procréation médicalement assistée ou l'expérimentation humaine.

Dès 2003, il a mis sur pieds le Fonds pour la formation médicale de l'ULB (FOSFOM) à destination des jeunes médecins du Sud afin de les accueillir pendant une année dans un hôpital de stage de l'ULB. En lien avec ULB-Coopération, il a fondé récemment Erasme-Coopération, un service de l'Hôpital académique actif sur le terrain au Kivu et au Cameroun.