Belgique

La Belgique a rétabli les contrôles aux frontières, mardi dernier, craignant un afflux de migrants sur son territoire venant de Calais. Pour rappel, les autorités françaises ont décidé du démantèlement partiel de "la jungle de Calais", c’est-à-dire du camp de fortune installé près de l’entrée du tunnel sous la Manche. Les contrôles policiers qui avaient déjà débuté, lundi soir, à la frontière franco-belge, ont été intensifiés avec, notamment, la mobilisation de plusieurs centaines d’agents issus de la police intégrée (locale et fédérale).

Trafic d’êtres humains

Selon nos informations, un premier bilan de ces opérations montre que les migrants se dirigeaient vers Zeebruges dans l’espoir de pouvoir embarquer pour le Royaume-Uni, but ultime de leur périple. La preuve : quinze passeurs ont été arrêtés, la semaine dernière, en Flandre occidentale. Ils avaient été payés par certains migrants pour les accompagner jusqu’en Angleterre, d’une manière ou d’une autre. Ces passeurs sont désormais accusés de trafic d’êtres humains.

Toujours selon nos informations, plusieurs tentatives d’installation de tentes dans la zone portuaire de Zeebruges ont également été constatées, mais ces embryons de campements auraient été démantelés sur-le-champ. Les services de police auraient toutefois constaté des dégradations, telles que des grillages métalliques découpés.

Par ailleurs, le nombre de personnes interceptées, la semaine dernière, s’élève déjà à plusieurs centaines. Jeudi dernier, les arrestations suite aux contrôles instaurés le long de la frontière franco-belge en Flandre occidentale étaient de 224, alors qu’ils étaient de 102, la veille, et de 32, mardi, selon des chiffres fournis par le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA). Le recours à un hélicoptère a notamment permis d’intercepter un groupe de 40 personnes.

Au niveau politique, le Premier ministre Charles Michel, dans "Le Soir" de ce week-end, a dit assumer la mise en place des contrôles. Pourtant, comme "La Libre" l’a révélé, samedi, la Commission européenne estime que la Belgique ne respecte pas les accords de Schengen en organisant des contrôles de police à sa frontière avec la France. Un courrier en ce sens a été envoyé par le commissaire européen en charge de la Migration, Dimítris Avramópoulos, à Charles Michel et à Jan Jambon.