Belgique

Les syndicats et la direction des chemins de fer belges ont repris le dialogue mardi, après la grève de 48 heures qui a paralysé le réseau la semaine dernière. "Il y a un cadre et un calendrier", a indiqué Luc Piens, de l'aile flamande du syndicat chrétien (ACV Transcom), à l'issue d'une première réunion. De nouvelles grèves ne sont actuellement pas à l'ordre du jour, a ajouté Michel Abdissi, président de la CGSP Cheminots. "Le résultat de la réunion, c'est un agenda", a commenté M. Abdissi. "C'est clair, en ce moment, nous ne parlons plus de grèves", a-t-il assuré. "Si nous discutons, nous ne devons pas parler de grèves", a de son côté affirmé Luc Piens. Les syndicats se réunissaient avec Michel Bovy, patron de HR-rail, la filiale ressources humaines de la SNCB et d'Infrabel, et avec des responsables ressources humaines des deux sociétés.

"Je suis personnellement optimiste et positif", a poursuivi Luc Piens. "La discussion est engagée. Le cadre a été dessiné et il est plutôt large. Tout doit pouvoir être évoqué. Nous parlons, donc nous avançons."

Les syndicats protestent contre les mesures que la hiérarchie des chemins de fer veut entreprendre en vue notamment d'améliorer la productivité. Des jours de congé seraient ainsi supprimés alors que SNCB et Infrabel devraient composer avec moins de personnel.

Fin 2015, les organisations de défense des travailleurs avaient prévu cinq jours de grève en janvier avant d'accepter de reporter les grèves planifiées les 21, 22 et 23 janvier à la demande des étudiants, en période d'examens. Les ailes francophones des syndicats chrétien et socialiste avaient décidé de maintenir le mouvement de grève pour les 6 et 7 janvier. Le réseau avait été fortement perturbé de mardi soir à jeudi soir de la semaine passée, essentiellement dans le sud du pays.


Thalys wallon: le CA de la SNCB a proposé de le ranimer, Galant ne suit pas, selon Prévot

Malgré une proposition en ce sens du conseil d'administration de la SNCB à la mi-décembre, le gouvernement fédéral n'a pas inscrit dans son budget la réactivation du Thalys wallon, dont la ministre fédérale de la Mobilité Jacqueline Galant avait annoncé la suspension au printemps dernier, a déploré mardi le ministre wallon de la Mobilité Maxime Prévot.

"Selon mes informations, le CA de la SNCB du 15 décembre 2015 a bien inscrit la circulation du Thalys wallon dans ses propositions" à la ministre fédérale de la Mobilité, a souligné M. Prévot en commission du parlement wallon.

Au budget 2016 du SPF Mobilité, aucun montant n'a cependant été prévu pour la SNCB à la contribution du transport intérieur de voyageurs par TGV, a constaté M. Prévot (cdH). "Mme Galant n'a donc pas jugé opportun de passer commande d'une offre de service public auprès de THI Factory", (Thalys International, ndlr).

Il remet en doute l'argument technique avancé en faveur de la suspension. C'est que le patron de la SNCB, Jo Cornu, avait assuré, dans un courrier de juin à M. Prévot, que THI Factory faisait le nécessaire pour que ses rames soient équipées dans les délais prévus, et que toute demande éventuelle de l'Etat belge visant à opérer des services qui ne couvrent pas leur coût, devra faire l'objet d'une compensation et de l'accord de THI Factory.

"Je crains que le gouvernement fédéral et sa ministre n'ont pas souhaité, pour des raisons probablement budgétaires, voire idéologiques liées à la libéralisation du trafic international voyageurs, considérer ce type de jonction Thalys comme une mission de service public", a-t-il ajouté, en réponse à des questions des députés Stoffels (PS), Henry (Ecolo) et Salvi (cdH).

A ses yeux, d'un argument au départ technique justifiant la suspension, maintenant que "l'écueil technique n'est plus de mise", il n'y a pour autant toujours pas de volonté de retenir la réintroduction du Thalys wallon.