Belgique

Sp.a: Le gouvernement joue à la roulette russe

Le chef de groupe sp.a à la Chambre Peter Vanvelthoven a reproché mercredi au gouvernement Leterme I de jouer à la roulette russe à l'instar de ce qu'ont fait les banquiers. Peter Vanvelthoven a reproché au premier ministre Yves Leterme et au ministre des Finances Didier Reynders, qu'il a qualifiés de "partners in crime", de continuer à surévaluer les recette fiscales. Alors que le fisc prévoit 98,3 milliards de recettes en 2009, vous en avez inscrits 99,4 milliards dans le budget, soit une différence de 1,1 milliard, a-t-il dit. "La crise financière a mis au jour les agissements d'un petit club de banquiers qui a joué à la roulette russe avec l'épargne des gens. Désormais, un petit club gouvernant ce pays joue aussi à la roulette russe avec l'avenir des gens", a dit Peter Vanvelthoven.

Le chef de groupe sp.a a en outre égratigné le gouvernement pour avoir inscrit au budget un montant de 900 millions d'euros censé provenir des banques relativement à la garantie de l'Etat. "Peut-être sera-ce le prix payé par les banquiers pour qu'il n'y ait pas de Commission d'enquête parlementaire sur la crise financière", a indiqué Peter Vanvelthoven.

MR et CD&V satisfaits; Verherstraeten veut un Comité B

Le chef de groupe MR Daniel Bacquelaine a, sans surprise, appuyé l'action du gouvernement mercredi à la Chambre, égratignant au passage ceux qui ont la critique facile. Le CD&V demande quant à lui un Comité B pour contrôler les banques.

Face aux "problèmes difficiles" que nous connaissons, le gouvernement a réussi à boucler un budget en équilibre qui conforte le pouvoir d'achat. Il y a "ceux qui agissent" et "ceux qui s'agitent, ceux qui ont toujours la meilleure solution qu'il aurait fallu prendre", a dit Daniel Bacquelaine.

L'intervention du chef de groupe MR a également été l'occasion d'un débat sur la régulation et le libéralisme avec les élus du PS. "Ceux qui prétendent qu'il existe un régime de liberté politique là où il n'existe pas de liberté économique se trompent", a indiqué M. Bacquelaine, pourfendant "ceux qui veulent un système régulé sans préciser ce qu'il en sera".

Plaidant le modèle de la social-démcoratie comme le meilleur des équilibres, Yvan Mayeur (PS) a renversé le problème, évoquant "le Chili de Pinochet" et "la Russie actuelle" comme autant d'exemples de "libéralisme ultra". Camille Dieu (PS) a regretté qu'un élu de la majorité "se serve du débat sur la déclaration pour attaquer un autre groupe" de la majorité.

Au-delà de la polémique, Daniel Bacquelaine a également regretté les critiques selon lesquelles il n'y en aurait que pour les banques dans l'action du gouvernement. "Derrière les banques, il y a des gens. C'est faire une analyse puérile voire dangereuse que de dire que ce n'est qu'un problème de banques", a-t-il dit.

Le chef de groupe CD&V, Servais Verherstraeten, s'est également félicité de ce que le gouvernement a pu bouclé un budget en équilibre. Il a cependant admis que certaines mesures devaient encore être précisées.

Servais Verherstraeten a par ailleurs plaidé en faveur de la mise sur pied d'un Comité B lié au parlement, pour contrôler les banques, à l'instar des Comités P (police) et R (services de Renseignement).

Le débat à la Chambre se poursuit jeudi après-midi. La Chambre est appelée à voter la confiance au gouvernement jeudi en fin de soirée.

Peteers: "Nous ne mettons rien de côté sans plus de moyens"

La déclaration du gouvernement fédéral présentée mardi par le premier ministre Yves Leterme (CD&V) prévoit que les entités fédérées apportent leur contribution au budget fédéral. Le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) a rappelé mercredi devant le Parlement flamand que la Flandre n'allait pas accéder à cette demande de 500 millions d'euros sans condition. L'opposition n'est pas convaincue par son discours.

Le budget présenté par le gouvernement fédéral établit que les entités doivent réserver une somme cumulée de 800 millions d'euros pour le budget national. Pour la Flandre, il est question de fournir 500 millions d'euros. "Nous ne mettons rien de côté sans plus de moyens", a répété le ministre-président flamand. Son gouvernement veut bien négocier la reprise des dépenses que le pouvoir fédéral fait pour ce que M. Peeters appelle des compétences "usurpées" et qui sont, dans les faits, déjà des compétences flamandes comme la politique scientifique, la consommation rationnelle d'énergie, la prévention en soins de santé ou la culture.

Le Vlaams Belang et la N-VA ne veulent pas que le gouvernement flamand reprenne ces dépenses de façon unilatérale. La Wallonie, Bruxelles et la Communauté française doivent fournir un même effort. Kris Peeters a alors souligné que la Wallonie avait déjà avancé des moyens car le gouvernement wallon avait fait savoir qu'il était prêt à mettre 300 millions d'euros de côté. "S'il peut réserver ce montant, alors il peut aussi le dépenser", a commenté M. Peeters.