Belgique

Les associations Le Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers) et Médecins du monde ont réagi outrées samedi au projet de réforme de l'aide médicale aux sans papiers annoncée samedi dans La Dernière Heure par le ministre en charge de l'Intégration sociale, Denis Ducarme (MR). Ce dernier souhaite mettre fin au "remboursement des soins de confort comme la chirurgie esthétique ou les échographies de grossesse non nécessaires". "Quel scandale", rétorque le directeur de Médecins du Monde, Pierre Verbeeren.

"Cette aide médicale urgente est de plus en plus difficile à obtenir et tout ce que M. Ducarme trouve à dire, c'est qu'il y a des abus. Mais quel scandale ! C'est de la xénophobie", dénonce Pierre Verbeeren dans une réaction à l'agence Belga. Il explique que l'enquête sociale réalisée par les CPAS afin de vérifier si une personne est vraiment indigente est de plus en plus complexe et passe par une paperasserie considérable, ce qui ralentit l'accès aux soins des personnes dans le besoin. "Normalement, la procédure pour obtenir une couverture médicale dure maximum 30 jours. Or, dans les faits, on se retrouve avec des centaines de personnes pour lesquelles ça traîne, dont des femmes enceintes qui à 8 mois de grossesse n'ont toujours pas eu droit à une seule échographie", s'offusque-t-il. 

De son côté, la directrice du Ciré, Sotieta Ngo, estime la réforme envisagée par le ministre libéral comme disproportionnée. "Parler de soins de confort, c'est induire les gens en erreur. C'est faire croire que les personnes en situation irrégulière ont droit à des soins de confort alors que ce n'est pas le cas. Ce n'est pas la législation qui n'est pas adaptée, mais certaines pratiques." Elle rappelle que les règles d'accès à l'aide médicale urgente, où les CPAS ont un rôle de pivot, sont très strictes. "Restreindre l'aide médicale urgente, c'est touché à la dignité humaine", conclut le Ciré. L'association Médecins du Monde renvoie par ailleurs à une étude du KCE sur le sujet. Selon le centre fédéral d'expertise des soins de santé, la réforme de l'aide médicale urgente doit avant tout passer par une simplification des procédures administratives.