Belgique

Quelque 80 juges d'instruction étaient rassemblés vendredi à Malines avec des membres de la Commission Justice à la Chambre. Ils ont pu exprimer leur inquiétude quant aux plans du ministre Koen Geens. Ils craignent que leur fonction judiciaire ne soit vidée de sa substance lorsqu'ils deviendront juges de l'enquête, et lancent leurs propres propositions pour moderniser l'enquête judiciaire. Les experts qui conseillent le ministre de la Justice dans sa réforme estiment que le juge de l'enquête aura une plus grande indépendance et aura un meilleur contrôle sur le déroulement rapide, l'impartialité et l'ensemble de l'enquête, qui sera menée par le ministère public.

Les juges d'instruction pensent toutefois que cette indépendance ne sera que théorique et que les juges de l'enquête seront précisément plus dépendants de la police et du parquet. Ils seront en effet confrontés à des dossiers qu'ils n'ont initialement pas suivis et pour lesquels la contrainte du temps les forcera à se baser uniquement sur les affirmations de la police et du parquet.

"Nous ne sommes pas contre le changement et voulons mieux coopérer à l'amélioration de la Justice, mais nous ne pouvons pas nous retrouver dans les plans du ministre", a indiqué le juge d'instruction malinois, Philippe Van Linthout.

Lui et ses collègues ont donc remis un document aux membres de la Commission reprenant leurs propositions destinées à améliorer le fonctionnement des cabinets d'enquête et à boucler des enquêtes judiciaires plus rapidement. Ils restent convaincus qu'il faut, dans l'intérêt de tous, conserver la figure de juge d'instruction.