Belgique

Le ministère de la Défense a réservé mardi un accueil assez froid, voire distant, à la proposition de "partenariat approfondi et structurant" fondé sur l'avion de combat Rafale réitérée par la France à la Belgique pour le remplacement de ses chasseurs F-16 vieillissants, a-t-on appris de bonnes sources. 

Une délégation de membres du cabinet de la ministre française des Armées, Florence Parly, a eu l'occasion, pour la première fois en huit mois, de venir détailler auprès de ses homologues belges, l"offre française" de partenariat "approfondi et structurant" fondé sur l'avion de combat Rafale - hors de l'appel d'offres officiel lancé en mars 2017 pour l'achat de 34 chasseurs-bombardiers de nouvelle génération.

Cette rencontre a eu lieu "à la demande du Premier ministre" Charles Michel, qui souhaite disposer de tous les éléments nécessaires à une prochaine décision du gouvernement belge, a-t-on indiqué de sources gouvernementales.

Mais "on n'a rien entendu de nouveau par rapport à la lettre reçue (de Mme Parly, ndlr) le 6 septembre 2017. Il n'y a rien de plus concret", a expliqué la porte-parole du ministre belge de la Défense, Steven Vandeput, Laurence Mortier.

L'entourage de M. Vandeput (N-VA) a confirmé à l'agence Belga être intéressé par une éventuelle participation au programme de Système de combat aérien du futur (Scaf) européen, actuellement négocié entre la France et l'Allemagne, tout en étant ouvert à d'autres partenaires.

Sur base de l'analyse des deux offres considérées comme juridiquement valables après réponse à l'appel d'offres (en jargon, un "Request for Government Proposal" ou RfGP) lancé en mars 2017, et de la - très vague - offre française, l'équipe de programme doit faire une recommandation au ministre de la Défense. Les deux candidats qui ont remis des offres en bonne et due forme sont les Etats-Unis avec le F-35 Lightning II du groupe Lockheed Martin et l'Eurofighter Typhoon du consortium européen éponyme.

Le dossier complet, avec les aspects économiques, sera ensuite soumis au gouvernement fédéral.

La Défense espère toujours une décision finale avant le sommet de l'Otan des 11 et 12 juillet prochains, pour permettre à la Belgique d'y faire - relativement - bonne figure en dépit de ses faibles dépenses en matière de défense.