Belgique

L'ambassadeur américain en Belgique, Ronald Gidwitz, a prévenu que les Etats-Unis ne prolongeraient pas indéfiniment et sans modification leur offre pour le chasseur F-35 du groupe Lockheed Martin comme successeur des F-16 vieillissants, qui expire le 14 octobre, par ailleurs date des élections communales. "Le plan actuel est d'attendre jusqu'au 14 octobre et de voir le gouvernement belge prendre la bonne décision (en faveur du F-35, ndlr)", a affirmé M. Gidwitz lors d'un entretien accordé dimanche à la VRT radio et à l'agence Belga.

"Si la décision (du gouvernement fédéral) est reportée au-delà du 14 octobre, je préconiserai sûrement (à l'administration américaine et à la Maison Blanche) une certaine forme de prolongation. Mais il est probable que ce ne serait pas aux mêmes termes que ceux qui existent", a ajouté l'ambassadeur. Il s'exprimait lors de la seconde journée des "Belgian Air Force Days" (BAFD), le meeting biennal de la composante Air de l'armée organisé durant le week-end par la base aérienne de Kleine-Brogel, en province du Limbourg.

"Je ne peux imaginer que cette offre soit prolongée pour six autres mois"

"Le prix pourrait être différent, les délais de livraison pourraient être différents, les termes en matière d'entraînement pourraient être différents", a poursuivi M. Gidwitz.

"Toutes les choses (qui font partie de la proposition américaine) devront être renégociées", a-t-il prévenu.

"Je ne peux imaginer que cette offre soit prolongée pour six autres mois. C'est inimaginable", a poursuivi l'ambassadeur, en fonction depuis le 4 juillet dernier, en faisant valoir que d'autres pays "faisaient la file" pour obtenir des F-35, le programme le plus coûteux de l'histoire aux Etats-Unis.

Interrogé par l'agence Belga sur les possibles retombées économiques d'un achat du F-35, M. Gidwitz s'est dit convaincu que les entreprises belges devraient bénéficier du choix de cet appareil, en faisant un parallèle avec le partenariat industriel qui s'est développé après l'achat du F-16 - 160 exemplaires acquis par la Belgique entre 1979 et 1982.

Il a souligné que 25% des composants du F-35 devraient être produits "en dehors des Etats-Unis".

Deux candidats restent en lice dans le cadre de la compétition lancée en 2017 par le gouvernement pour acheter 34 nouveaux avions de combat pour un montant initial de 3,6 milliards d'euros: le F-35 et l'Eurofighter du consortium européen éponyme.

Un troisième candidat potentiel est le Rafale de l'avionneur français Dassault Aviation. Mais Paris n'a pas répondu à l'appel d'offres officiel, préférant proposer à la Belgique un "partenariat approfondi et structurant" fondé sur le Rafale et une implication belge dans le développement d'un avion de combat de nouvelle génération, envisagé par la France et l'Allemagne à l'horizon 2040 dans le contexte d'une relance de la défense européenne.

Lockheed Martin affirme pour sa part que l'offre américaine se situe "en dessous du budget" fixé par le gouvernement belge.