Belgique

Le "patron" de l'armée, le général Marc Compernol, a estimé mercredi que le responsable de la gestion de la flotte des avions de combat F-16 qui lui est subordonné n'avait pas à transmettre à sa hiérarchie des informations sur la possibilité de prolonger la vie de ces appareils. Le colonel Peter Letten, en charge du matériel volant au sein de la Direction générale des Ressources matérielles (DG-MR) de l'état-major de la Défense, a "pris une décision défendable", a affirmé le chef de la Défense (Chod), au cours de son audition devant la commission ad hoc de la Chambre.

La Défense est une organisation "très complexe". De 500.000 à 600.000 documents circulent chaque année en son sein, a expliqué le général Compernol, qui était interrogé sur l'existence de documents ayant fui dans la presse et laissant entendre que la durée de vie des F-16 pouvait être prolongée - alors que le gouvernement a décidé de les remplacer par des avions de combat de nouvelle génération.

"Si on veut gérer une telle organisation, il faut donner la confiance aux gens compétents qui à leur niveau savent prendre les décisions sur que faire avec des informations", a-t-il ajouté, pour justifier le fait que le colonel Letten ne l'ait pas informé de l'existence de ces mémos de Lockheed Martin, le constructeur des F-16, pas plus que le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), et le parlement.

Selon le général Compernol, le colonel Letten, un ingénieur disposant de 25 ans d'expérience avec le système d'armes qu'est le F-16 a pris, en tant que gestionnaire du matériel, "une décision défendable".

"Cela faisait partie de ses compétences", a-t-il souligné, d'autant que l'un des mémos de Lockheed Martin ne portait que sur la fatigue du métal de la cellule des F-16.

Le Chod a également rappelé qu'à cette période (avril 2017), le gouvernement avait déjà pris et confirmé à plusieurs reprises la décision politique de lancer la procédure d'achat de 34 nouveaux chasseurs-bombardiers, dans la foulée des préparatifs entamés par la précédente équipe gouvernementale.

Selon lui, cette acquisition est prévue dans la déclaration gouvernementale d'octobre 2015, a été confirmée par le comité ministériel restreint ("kern") en décembre 2015, dans la "vision stratégique" sur les contours de la Défense à l'horizon 2030 dont le gouvernement a "pris note" en juin 2016 et dans la loi de programmation militaire votée par le parlement en mai 2017. Entre-temps, le conseil des ministres a donné, le 17 mars 2017, son accord préalable au lancement du programme en publiant l'appel d'offres (en jargon "Request for Governement Proposal", RfGP) adressé à cinq agences gouvernementales (deux américaines et trois européennes).

La décision de remplacer les F-16 était prise, la prolongation n'est plus une option, tout comme d'autres solutions, telle que la location d'avions de combat, a encore dit le général Compernol.